Moi, cheminot en grève (Ep. 5) : "Pour l'instant, je ne pense pas trop à la cagnotte"

CARNET DE BORD - Depuis le début du mouvement des cheminots, LCI suit Wladimir, un conducteur de train en grève. Ce lundi, alors que ses jours non travaillés commencent à se faire sentir financièrement, il nous explique comment est redistribuée la cagnotte dont la somme a dépassé le million d'euros. De son côté, il n'a cependant pas encore demandé à en bénéficier.

À entendre Wladimir, au bout d'un mois de conflit, le mouvement de grève des cheminots de la SNCF va continuer. Pour ce conducteur de trains basé à Trappes (Yvelines), que LCI suit depuis le début du mouvement, la détermination des cheminots opposés à la réforme du gouvernement ne faiblit pas. Et la rencontre de ce lundi avec Edouard Philippe n'a rien changé. "On ne s'attendait pas à grand chose", explique Wladimir qui, pour qualifier les annonces du Premier ministre, préfère une image parlante à un long discours : "On peut toujours mettre du rouge à lèvre à un cochon..."


Pourtant, financièrement, comme pour les opposants à la réforme, la grève commence à se faire sentir pour Wladimir. Sur sa dernière paie (celle d'avril), six jours lui ont ainsi été retranchés, contre un seul sur la précédente. Le cheminot estime à environ 80 euros par jour de grève sa perte de revenus, sans compter les primes qu'il touche quand il est contraint de conduire de nuit ou de dormir dans une autre ville que Trappes.

Question argent justement, la cagnotte lancée fin mars par le sociologue Jean-Marc Salmon pour aider les grévistes a récemment atteint le million d'euros. Financée par les dons de plus de 27.000 personnes , elle a été symboliquement remise la semaine dernière. Comment va se passer dans les faits sa redistribution ?


Wladimir nous explique : "Les principaux acteurs du crowdfunding se sont réunis avec les syndicats pour organiser la répartition".  "Chaque cheminot qui en ressent le besoin monte un dossier, avec ses fiches de paie sur lesquelles apparaissent les retenues sur salaire. Il le fait remonter à l'organisation de son choix. Les sommes sont versées aux syndicats qui les dispatchent dans la foulée". En revanche, précise Wladimir, "il n'y a rien de versé pour les 4 premiers jours de grève".

Wladmir ne compte pas faire de demande pour l'instant. "On va voir le mois de mai, pour l'instant je n'y pense pas trop", dit-il. "Je préfère faire des actions pour alimenter notre propre caisse locale". Cette dernière, qui concerne les cheminots de la zone de Trappes et Rambouillet, atteint déjà 3.000 euros. "Dimanche, on a fait une opération 'péage gratuit' à Saint-Arnoult pour la remplir", raconte-t-il.


Les modalités de redistribution de cette caisse de grève locale se décidera prochainement en AG, indique le conducteur de train. En 2016, se remémore-t-il, "on avait décidé de ne pas payer les trois premiers jours de grève". Il précise aussi que "ce n'est pas une cagnotte pour les syndicalistes mais pour les grévistes" et qu'elle est gérée "par trois personnes, dont une non syndiquée". 

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