SONDAGE EXCLUSIF - Pour les Français, l’altruisme est avant tout "une vertu"

SONDAGE EXCLUSIF - Pour les Français, l’altruisme est avant tout "une vertu"
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DON DE SOI – Selon notre enquête Ifop pour metronews, une majorité de Français affirme prendre soin des autres avant de penser à soi. mais refuse de penser que les autres le sont. Des résultats éclairants quand

On savait les Français de plus en plus tolérants depuis le rapport 2015 de la Commission nationale consultative des droits de l'Homme (CNCDH). Il semblerait qu'ils soient également majoritairement altruistes, soit soucieux d'aider leur prochain sans penser à eux mêmes, confirmant au passage le fort engagement bénévole qui a bondi de 16,8% depuis 2010 selon France Bénévolat.

Une valeur positive pour trois Français sur quatre

Dans notre enquête exclusive Ifop pour metronews sur les Français et l'altruisme, il apparaît en effet que près de deux tiers des Français se disent "altruistes" contre un bon tiers étranger à cette valeur, et ce quel que soit le genre et l'âge des personnes interrogées. Paradoxe : près de deux tiers des Français, soit 64% pensent que leurs compatriotes ne sont pas vraiment prêts à aider leur prochain."C’est un phénomène assez classique : on voit les dysfonctionnements chez les autres mais on estime être soi-même exemplaire", commente Fabienne Gomant, du département Opinion et stratégies d'entreprise de l'Ifop.

Toujours d'après l'enquête, l’altruisme est majoritairement considéré comme une valeur positive, une "qualité", voire une "vertu". A l’inverse, pour 21% des Français il s’agit d’un "défaut" ou d’un "signe de faiblesse", mais là encore femmes et hommes, jeunes et personnes âgés sont globalement du même avis. "Cette perception négative est très prononcée chez les CSP- et les proches du FN alors que la perception positive de l’altruisme est plus prononcée chez les CSP+ et les proches des partis de gauche. Ces résultats sont donc éclairants dans un contexte où l’altérité est très questionnée", ajoute Fabienne Gomant de l’Ifop.

"Penser aux autres et avoir un intérêt pour les autres"

Cependant, encore faut-il s’entendre sur ce que veut dire "être altruiste" ? Ainsi pour 27% des personnes interrogées, l’altruisme c’est d’abord "penser aux autres et avoir un intérêt pour les autres". Pour 17%, il s’agit plutôt de "faire les choses de façon désintéressée sans attendre rien en retour" et pour 15% cela revient à "être généreux et prendre soin des autres". Enfin, 10% des Français considérer qu’être altruiste c’est surtout "faire passe la collectif avant l’individuel". A noter : une petite minorité (5%) considère que le don de soi est "un égoïsme" ou quelque chose de négatif.

Qu'en conclure ? Pour le philosophe bouddhiste Matthieu Ricard, auteur Plaidoyer pour l’altruisme : la force de la bienveillance (éd. Broché ; 2013), c'est peut-être la preuve que "le temps de l'altruisme est arrivé" comme il aime le répéter à longueur d'entretien. D'ailleurs, pour l'intellectuel, l'amour altruiste est une des clés du bonheur, du bien-être et de la plénitude. "L’accomplissement du bien d’autrui n’implique pas le sacrifice de notre propre bonheur, bien au contraire", écrit-il dans son plaidoyer. Alors pour la journée internationale du bien-être, samedi 11 juin, pensez d'abord aux autres ! 

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