Sous la pression, le CHU de Reims refuse d'arrêter les soins de Vincent Lambert

Sous la pression, le CHU de Reims refuse d'arrêter les soins de Vincent Lambert

DirectLCI
FIN DE VIE – L'équipe médicale du CHU de Reims, après avoir auditionné les membres de la famille de Vincent Lambert, a pris la décision contre toute attente de maintenir les soins apportés au patient en état végétatif depuis 2008.

Contre toute attente, l'équipe médicale en charge de Vincent Lambert au CHU de Reims a décidé jeudi 23 juillet de le maintenir en vie et saisi le procureur de la République afin d'enclencher une demande de mise sous protection, après avoir eu vent "d'un projet d'enlèvement". Une annonce qui répond aux souhaits des parents du patient en état végétatif et intervient huit jours après l'ouverture d'une nouvelle procédure collégiale d'arrêt des soins, au cours de laquelle plusieurs membres de la famille ont été auditionnés.

Une décision surprise

Rachel Lambert, son épouse, puis ses parents et frères et sœurs avaient alors pu s'exprimer devant les médecins chacun leur tour, eux qui se déchirent depuis deux ans maintenant sur le sort du tétraplégique , victime d'un accident de moto en 2008.

Alors que la Cour européenne des droits de l'Homme s'est prononcée le 5 juin dernier en faveur de l'arrêt des soins apportés à Vincent Lambert, la décision du CHU et de son chef de service Daniela Simon est une surprise. Difficile, pour les proches de Vincent Lambert favorable à l'arrêt des soins, de ne pas y voir le résultat des pressions des groupes pro-vie soutenant les parents du trentenaire. 

"Intégrisme catholique"

"Le docteur Simon a clairement évoqué des risques d’enlèvement et de menaces physiques. Elles émanent d’un lobby que l’on connaît très bien. On vit dans un territoire occupé par l’intégrisme catholique !" a pour sa part réagi, très secoué, François Lambert, son neveu. Quelques dizaines de personnes étaient venus en soutien des parents Lambert, en fin de matinée à l'hôpital.

Une version validée par Rachel Lambert qui, en pleurs, à la sortie de l'hôpital, dénonçait "des groupes de pression qui terrorisent l’hôpital." Ou encore par Marisol Touraine, qui a communiqué, via l'AFP, "son soutien à l'équipe soignante." La ministre de la Santé a même expliqué la décision de l'équipe, prise, non pas "parce qu'elle refuse d'arrêter le traitement de Vincent Lambert […] mais parce qu’elle considère que les conditions de sécurité et de sérénité nécessaires pour mettre en œuvre ce type de décision ne sont pas réunies.

EN SAVOIR +
>> La mère de Vincent Lambert conseillée par une proche de l'Opus Dei
>> Vincent Lambert : ses parents portent plainte contre l'hôpital

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter