Dénonçant de "violentes attaques", la patronne de la SPA claque la porte

Dénonçant de "violentes attaques", la patronne de la SPA claque la porte

SOCIÉTÉ
DirectLCI
ANIMAUX - La présidente de la SPA, Natacha Harry, a annoncé ce dimanche qu'elle présenterait sa démission le 23 juin lors de l'assemblée générale de l'association. Elle se dit visée par de "violentes attaques". Certains évoquent une "affaire Nemo", du nom du chien adopté par Emmanuel Macron.

"Je fais ce choix d'abord pour protéger l'association des violentes attaques dont je fais l'objet". Natacha Harry, la présidente de la Société protectrice des animaux (SPA), s'apprête à claquer la porte de l'association. Une crise de plus pour la SPA, qui a déjà été plusieurs fois dans la tourmente.


Natacha Harry a annoncé dans le JDD de dimanche qu'elle présenterait sa démission le 16 juillet lors du conseil d'administration. "Une poignée de personnes mènent depuis quelques semaines une campagne insensée à mon encontre qui est de nature à fragiliser la SPA. Il est responsable, je crois, de me mettre en retrait de cette maison où je me suis investie bénévolement depuis 2013", explique-t-elle, dénonçant des "attaques ignobles et mensongères".

En vidéo

Baisse d'adoptions d'animaux dans les refuges: la SPA s'alarme

Plusieurs licenciements

La SPA - qui compte 650 salariés et s'appuie sur 4.000 bénévoles - traverse depuis plusieurs mois une crise en son sommet. Celle-ci a été marquée par le licenciement, décidé en début d'année, de plusieurs responsables - notamment des directeurs général, administratif et financier. "Ces personnes ont adopté des attitudes incompatibles avec leurs fonctions et l'éthique de la SPA. Elles ont fait preuve d'un intolérable irrespect envers des donateurs, des salariés, des bénévoles et moi-même. Leur licenciement a été décidé à l'unanimité en conseil d'administration", affirme Natacha Harry, précisant que des recrutements sont en cours.


Natacha Harry, qui préside la SPA depuis 2013 et avait été réélue en 2016, assure que sa décision n'est pas liée au contrôle en cours de l'Agence française anticorruption, dont le rapport est attendu à l'automne. "Ces contrôles sont classiques et normaux pour une grande association reconnue d'utilité publique avec 650 salariés et un budget de fonctionnement de 67  millions d’euros. Ils nous permettent aussi de progresser", déclare-t-elle au JDD. 

Une "affaire Nemo"

Mais la fronde est aussi alimentée par le licenciement de la directrice du refuge d'Hermeray (Yvelines) - la même qui a fourni le croisé labrador griffon Nemo au couple Macron. La SPA a déposé en mars à Versailles une plainte contre X pour "faux et usage de faux", "usurpation d'identités", "atteinte volontaire à la vie d'un animal et mauvais traitement", accusant le refuge d'avoir procédé à des euthanasies d'animaux sans respecter la procédure imposée. Mais les 19.000 signataires d'une pétition réclamant la réintégration de la directrice, dénoncent une "affaire Nemo" derrière ce licenciement, liée selon eux à l'attention reçue par la responsable du refuge.


Pour la SPA convalescente, cette démission aggrave un peu plus la crise traversée depuis des mois. L'association avait été fortement critiquée par la Cour des comptes en 2002, puis en 2009 elle avait été placée sous administration judiciaire pendant plus de trois ans (novembre 2009-juin 2013). En mars 2017, la Cour des comptes avait jugé le contrôle interne des dépenses encore insuffisant, estimant toutefois "l'emploi des fonds collectés globalement conforme aux objectifs poursuivis par l'appel à la générosité publique". La Cour regrettait aussi qu'un nécessaire plan de rénovation des refuges n'ait pas été lancé.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter