Sport et radicalisation : 829 personnes signalées dans des clubs en France

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TERRORISME - Loïc Garnier, chef de l'unité de coordination de lutte antiterroriste (Uclat) a dévoilé jeudi 30 novembre, au cours d'un colloque sur le sport et la radicalisation, des chiffres concernant le nombre de personnes signalées pour proximité avec des thèses djihadistes dans les clubs sportifs. Parmi eux, 18% se trouvent en Ile-de-France.

C'était au mois d'octobre dernier. La mairie de Lagny-sur-Marne, en région parisienne, découvrait que deux entraîneurs du club de foot local étaient connus, l'un pour des faits en lien avec le terrorisme, l'autre pour des soupçons de liens avec la mouvance radicale. Depuis, l'un a été mis à pied, et l'autre se retrouve derrière les barreaux dans le cadre d'un dossier distinct.


Une révélation qui a le mérite de jeter une lumière crue sur les liens entre le sport et la radicalisation. Un thème au coeur d'un colloque organisé par le conseil régional d'Ile-de-France, jeudi 30 novembre, au cours duquel ont été révélés plusieurs chiffres éclairants.

34 individus signalés à Paris, 9 dans le Val-d'Oise

Ces chiffres, ils viennent du fichier des signalements mis en place par l'Unité de coordination de lutte antiterroriste (Uclat). Son responsable, Loïc Garnier, présent dans l'hémicycle, précise d'emblée que ces données sont sûrement quelque peu "sous-estimées". Elles permettent néanmoins de cerner l'ampleur du phénomène.


On apprend ainsi de la bouche de Patrick Kamar, vice-président de la région Ile-de-France, que ce sont 829 personnes qui ont été signalées dans des clubs disséminés dans toute la France. Parmi eux, 27% des individus signalés radicalisés et pratiquants sportifs "manifestent sans ambiguité leur soutien à des causes djihadistes", en faisait de l'apologie du terrorisme, des incitations à des projets terroristes ou du soutien idéologique et logistique à des terroristes. Parmi ces personnes signalées, 94% sont des hommes. D'un point de vue géographique, Loïc Garnier explique que 18% des radicalisés dits "sportifs" en France, se trouvent en Ile-de-France. Ils sont par exemple au nombre de 34 à être signalés à Paris-même, et neuf dans le Val-d'Oise.

Quans les apprentis terroristes "jouent aux scouts"

Alors quelles sont les disciplines sportives les plus concernées ? Celles qui sont citées dans les signalements, en tout cas, sont les sports de combat, la musculation en salle, les sports collectifs, les stages de maniement des armes, les pratiques aéronautiques ou encore les entraînements paramilitaires. A propos de ces derniers, le chef de l'Uclat précise qu'il s'agit en fait "de petits stages, souvent organisés dans les forêts d'Ile-de-France", qui ressemblent à des sessions de remises en condition physique, de préparation à l'action. "En résumé, ils jouent aux scouts", explique-t-il trivialement. 


Le sport, terrain fertile de la radicalisation. Pour les experts de la question présents au colloque organisé par la région, c'est désormais une réalité. A cette occasion, le conseil régional a d'ailleurs annoncé la mise en place d'un outil pour les professionnels du secteur, encadrants et entraîneurs. Celui-ci se divise en plusieurs leviers, parmi lesquels une formation à destination des dirigeants de ligue et de comité sportifs, ainsi qu'un réseau de référents reliés à la Licra, la très laïque Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme, ou au CNLAPS, le Comité national des acteurs de la prévention spécialisée. 

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