"Squid Game" : faut-il vraiment craindre un phénomène d'imitation à l'école ?

"Squid Game" : faut-il vraiment craindre un phénomène d'imitation à l'école ?

JEUX DANGEREUX - Succès de la rentrée sur Netflix, "Squid Game" met en scène des jeux d'enfants pratiqués par des adultes, dont l'issue est soit la fortune, soit la mort. Une violence impitoyable que les enfants seraient parfois tentés de reproduire.

La série sud-coréenne "Squid Game" ("jeu du calamar" en français), diffusée avec un succès colossal par la plateforme Netflix, semble générer un inquiétant phénomène de mimétisme dans les écoles, au point d’alarmer le ministère de l’Éducation nationale. Jeux d’enfants avec la mort à la clé pour les participants, "Squid Game" risque-t-il de créer de nouvelles violences dans les cours de récréation ? 

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Dans le reportage du 20H de TF1 en tête de cet article, on s’aperçoit vite que si tous les enfants n’ont pas vu la série "Squid Game", beaucoup ont entendu parler de sa transposition concrète dans les cours de récréation. "C'est des épreuves à passer... Ça ne fait pas trop peur, mais à l'école, il y a plein de personnes qui en parlent. On a même fait une épreuve dans la cour sauf qu'on n'était pas vraiment morts", raconte ainsi une petite fille.

Dans cette série sud-coréenne qui offre à Netflix le meilleur démarrage de son histoire, les personnages, surendettés, espèrent gagner le gros lot en jouant à des jeux de cour de récréation, comme le très innocent : “un-deux-trois-soleil”. Mais dans Squid Games, les perdants… sont exécutés sans pitié. Des actes de brutalité ont déjà été constatés dans plusieurs établissements, en France ou en Belgique notamment. Dans le reportage de TF1, un petit garçon témoigne par exemple de ce qu’il a observé dans son collège, chez des élèves un peu plus âgés que lui : "Il y a des gens en 3e et 4e, ils font un, deux, trois, soleil… et après ils se tapent", confie-t-il un peu hésitant.

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Si on ne peut pas encore quantifier les cas constatés d’imitation de ce jeu impitoyable, où perdre c’est mourir, le gouvernement s’en alarme assez pour que, après Jean-Michel Blanquer il y a quelques jours, la ministre de la Culture Roselyne Bachelot en appelle "à la responsabilité des parents" ce lundi matin sur France Info. Il y a des enfants "qui ont une capacité de jeu que les autres n’ont pas, qui vont être capables de faire la différence entre fiction et réalité, alors que pour d’autres c’est pris de plein fouet, avec du coup un impact traumatique potentiel", prévient de son côté auprès de TF1 le pédopsychiatre Patrice Huerre, qui conseille aux parents d'en discuter avec leurs enfants : "Ce n’est pas seulement interdire, ou limiter ou conseiller de ne pas regarder, mais ça va être de dire je sais que tu as des risques de rencontrer telle ou telle image". 

Squid Game est une sorte de métaphore de ce qu'est l'adolescence- Michaël Stora, psychologue

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Pour Michaël Stora, fondateur de l’Observatoire des mondes numériques en sciences humaines, il ne faut toutefois pas passer à côté du sujet : "Une fois de plus", déplore-t-il, "il échappe aux adultes le fait que, globalement, les jeunes arrivent quand même à distinguer la fiction de la réalité".

Pour le psychologue consulté par LCI, "si les ados adorent cette série, c'est d'abord parce qu'elle est une critique ouverte, sanguinolente, et très bien faite de la société dans laquelle on vit". "L’adolescence", explique-t-il, "est cette période où on a la nostalgie de l’enfance et en même temps la peur de devenir adulte. D'où ces moments un peu régressifs de jeux d’enfant, mais dans lesquels on est adulte, donc avec un risque de mort. On l’avait déjà vu avec le “jeu du foulard”, par exemple". "À certains égards", conclut Michaël Stora, "Squid Game est une sorte de métaphore de ce qu'est l'adolescence : la mort symbolique de l'enfant et le risque d'une mort réelle". 

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