St Hubert bientôt chinois : Canson, Perrier, Kronenbourg... ces marques qui ne sont plus françaises

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NOSTALGIE - Maille, Rossignol, Perrier... Ce n'est pas la première fois qu'un tel monument national est racheté par des fonds étrangers. Zoom sur quelques exemples emblématiques alors que St Hubert est sur le point d'être racheté par un conglomérat chinois.

Vous pensez acheter français, vous vous trompez. St Hubert devrait bientôt devenir chinois. Le fonds européen Montagu, qui détient cette marque de margarines, est en tout cas entré en négociations avec un duo formé par le groupe chinois Fosun (actionnaire du Club Med) et une société d'agroalimentaire pékinoise spécialisée dans les produits laitiers Sanyuan.  L'opération, qui pourrait se faire pour un montant de 600 millions d'euros est, en phase de "négociations exclusives", indiquent nos confrères des Echos lundi 31 juillet 2017. 


Le leader français des matières grasses végétales (également présent en Italie sous la marque Valle), dont le siège social est à Rungis, en région parisienne, reste cependant bien ancré sur le territoire français avec son usine de production de Ludres, à côté de Nancy, qui emploie 215 salariés.  


Des vêtements de sport Le Coq sportif, devenus suisses en 2005, aux sirops Teisseire, devenus britanniques en 2010, en passant par les jouets Smoby, devenus allemands en 2008, les exemples de marques tricolores désormais dans le giron de groupes étrangers sont nombreux. En voici quelques uns. 

Canson : Italie

C'est la fin d'une histoire franco-française qui a duré 459 ans. La papeterie Canson, fondée en 1557 en Ardèche, est passée en octobre 2016 entre les mains de l'Italien Fabbrica Italiana Lapis ed Affini (Fila). Celui-ci a déboursé 85 millions d'euros pour racheter le célèbre fabricant de papier à grain au groupe normand Hamelin (Oxford, Elba).

Perrier : Suisse

Ce n'est pas parce qu'elle coule sur les terres hexagonales qu'elle est forcément française. La marque Perrier appartient depuis 1992 à la société Nestlé Waters (une filiale du géant de l'agro-alimentaire suisse Nestlé), qui détient 72 marques d'eaux en bouteilles dont Vittel, Contrex ou Quézac.


La source, située à Vergèze dans le Gard, a gardé le nom du docteur Louis Perrier qui a été propriétaire du domaine de la "Société des eaux minérales, boissons et produits hygiéniques de Vergèze" à la toute fin du XIXe siècle. Elle est rachetée en 1903 par un Britannique qui parviendra à la faire nommer  "fournisseur breveté de sa Majesté Edouard VII et de sa Majesté le roi Georges V".

Maille : Royaume-Uni / Pays-Bas

Créée sous Louis XV, la marque de condiments a fait beaucoup de chemin avant appartenir aujourd'hui à la société Amora-Maille, dont la maison mère est la multinationale anglo-néerlandaise Unilever. C'est en 1747 que le maître vinaigrier Antoine-Claude Maille ouvre sa première boutique à Paris. 


Plébiscitée par l'empereur d'Autriche-Hongrie et par Catherine II de Russie, Maille deviendra au XVIIIe siècle fournisseur officiel de vinaigres et moutardes des rois de France et d’Angleterre. En 1923, elle sera rachetée par Philippe de Rothschild, avant de passer entre de nombreuses mains puis de s'unir à Amora et d'être rachetée par Danone, qui la cédera en 1999 à Unilever.

Rossignol : Suède

Le fabricant de matériel de sport d'hiver a beau avoir une usine installée à Sallanches, à 30 kilomètres du Mont-Blanc en Haute-Savoie, il appartient depuis 2013 à  Altor Equity Partners, un fond d'investissement scandinave. 


La marque, lancée en 1907 par Abel Rossignol, un menuisier passionné de ski, avait auparavant été rachetée par l'australien Quicksilver. Elle est aujourd'hui leader mondial dans la fabrication de skis alpins.

Kronenbourg : Danemark

La brasserie, née à Strasbourg en 1664, est passée sous pavillon danois en rejoignant le groupe Carlsberg en 2008. L'entreprise alsacienne est restée dans la famille de ses fondateurs, la famille Hatt, pendant huit générations.


Ce n'est qu'en 1970 qu'elle passe sous le giron de Danone, qui la cédera à un groupe écossais, Scottish & Newcastle, en 2000. Aujourd'hui, une bière sur cinq consommée en France est une Kronenbourg.

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