Statut de Paris: Anne Hidalgo lance le chantier pour élargir les pouvoirs du maire

Statut de Paris: Anne Hidalgo lance le chantier pour élargir les pouvoirs du maire

POLITIQUE - La maire de Paris a fait voter un vœu au Conseil de Paris pour lancer une grande réforme sur le statut de la Ville de Paris. Les opposants dénoncent une "méthode précipitée".

C’est sous la forme d’un vœu, présenté ce mardi soir en Conseil de Paris, qu’Anne Hidalgo a lancé la grande réforme sur le statut de la Ville de Paris. La maire entend en effet simplifier, fusionner certains échelons institutionnels qui peuvent nuire à l'efficacité de certaines politiques municipales. Mais la méthode retenue a laissé l'opposition... critique.

Depuis la Commune en 1871, la Ville de Paris jouit en effet d’un statut particulier en France : certains pouvoirs normalement accordés au maire sont, dans la capitale, détenus par l’Etat. Comme les problématiques de stationnement, de circulation, d’urbanisme, ou de sécurité… sur lesquelles la maire n’a peu ou pas de prise. Exemple récent avec la Journée sans voiture : alors que la municipalité envisageait d'interdire les voitures sur une large partie de la ville, la préfecture a décidé de ne l'appliquer que dans quelques arrondissements . Il y a quelques mois encore, la mise en place de la circulation alternée, avait donné lieu à un bras de fer entre Anne Hidalgo, qui la demandait, et la ministre de l’Ecologie Ségolène Royal, qui ne la jugeait pas justifiée. Des sujets sur lesquels Anne Hidalgo entend dorénavant reprendre la main.

"Un projet mal ficelé et éventé"

Le projet de refonte que la maire a présenté tient en trois axes : une révision du partage des compétences entre la Ville et l'Etat, au profit de la première, un redécoupage des arrondissements, une fusion de la commune de Paris et du Département. "Certaines démarches sont à revoir, à nettoyer, tant elles paraissent obsolètes", a indiqué Anne Hidalgo en séance, en présentant son vœu. "L’idée est d’être dans une relation plus efficace, plus apaisée entre la Ville et l’Etat." Le vœu propose ainsi de créer un groupe de travail, composé de l’ensemble des présidents de groupe et des maires d’arrondissements : "Ils travailleront à apporter une expertise et des propositions sur ces sujets", a détaillé Anne Hidalgo. "Un travail est engagé en parallèle avec les représentants de l’Etat, le préfet de région et le préfet de police, en vue d’une loi en 2016."

Mais sur les bancs du Conseil de Paris, l’opposition a largement dénoncé la méthode "cavalière et précipitée" du chantier, y voyant un "projet mal ficelé", et surtout une "revanche" de la maire de Paris, après ses déboires face au ministre Emmanuel Macron sur les Zones touristiques internationales et le travail dominical.

"Vous déposez un vœu au dernier moment, vous y parlez de concertation à propos d'un projet déjà ficelé et éventé par la presse, en vous affranchissant de tous les délais raisonnables", a dénoncé Nathalie Kosciusko-Morizet au micro. Une vision partagée par le groupe UDI-Modem. La présidente du groupe Les Républicains reconnaît qu’une "réforme du statut pourrait avoir du sens", étant donné certains "archaïsmes" dans le statut de Paris. Mais elle estime que la redistribution envisagée ne "part pas des vrais besoins des Parisiens". Pour elle, la propreté pourrait être confiée aux maires d’arrondissements, les sujets de la pollution et de la circulation seraient mieux traités au niveau métropolitain. "Mais pas de redistribution des pouvoirs en vue dans votre projet. Non. Au contraire. Tous les pouvoirs au maire", accuse-t-elle. Le vœu a fini par être adopté, à 63 voix pour, 48 contre, et sept abstentions : les voix du groupe communiste Front de gauche, pour qui cette réforme, qui aurait due être discutée avant, devrait se faire aussi en regard de la future Métropole.

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