Statut médical : les sages-femmes en colère poursuivent le mouvement

Statut médical : les sages-femmes en colère poursuivent le mouvement

DirectLCI
HOPITAL - La création d'un statut médical pour les sages-femmes à l'hôpital, annoncé mardi par la ministre de la Santé Marisol Touraine, n'a pas apaisé la colère d'une partie de la profession, qui a décidé de poursuivre son mouvement entamé en octobre.

"Des annonces ? Mais quelles annonces ? Tout cela ne change strictement rien !" Au téléphone, Nicolas Dutriaux, secrétaire adjoint du Collège National des Sages Femmes (CNSF), ne décolère pas. Quelques heures après l'annonce, par la ministre de la santé Marisol Touraine, de la création d'un statut médical pour les sages-femmes, le CNSF, comme le syndicat de sages-femmes ONSSF, ont annoncé poursuivre leur mouvement entamé en octobre .

Après plusieurs semaines de concertation, trois manifestations et une grève de plus de quatre mois , la ministre a donc tranché : les sages-femmes auront un statut médical à l'hôpital, mais elles resteront fonctionnaires, contrairement aux médecins. Ce statut médical "s'inscrira au sein de la Fonction publique hospitalière", a affirmé Marisol Touraine lors d'une conférence de presse. La question - épineuse elle aussi - de la revalorisation des salaires sera quant à elle discutée en avril.

"On laisse les sages-femmes dans des cases à part"

Pas d'obtention du statut de praticien hospitalier réclamé pendant des mois, donc. Un statut dont bénéficient déjà les pharmaciens ou les dentistes, et que réclame à cor et à cri le collectif, comme la reconnaissance ultime de la valeur médicale de leur métier. "On laisse les sages-femmes dans des cases à part, tempête Nicolas Dutriaux. On reste la seule profession médicale qui n'a pas de vrai statut médical. Et ce n'est pas en nous donnant un nouveau statut particulier dans la même case que cela va changer notre quotidien !", gronde-t-il.

Concrètement, le nouveau statut annoncé ce mardi implique que dans chaque établissement hospitalier, la gestion des sages-femmes dépendra de la direction du personnel médical, les cadres paramédicaux n'ayant plus d'autorité sur elles. Pour le secrétaire adjoint du CNSF, l'arbitrage de la ministre signe la victoire des médecins  : "On reste sous leur autorité", déplore Nicolas Dutriaux.

"Pourtant, les résultats sont meilleurs dans les pays anglo-saxons et nordiques, où l'on confie aux sages-femmes le suivi de toutes les grossesses et où le médecin n'intervient qu'en cas de problème", affirme le maïeuticien. Bien déterminé à poursuivre le mouvement, le CNSF et l'ONSSF tiendront une assemblée générale mercredi.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter