Suppression de la taxe "Chirac" sur les billets d'avion : Aides vole dans les plumes des socialistes

SOCIÉTÉ
POLÉMIQUE - L'association de lutte contre le Sida a mené jeudi matin une action coup de poing devant la permanence de Bruno Le Roux, le président du groupe PS à l'Assemblée. En cause, sa volonté de supprimer la taxe de solidarité sur les billets d'avion, qui finance la lutte contre les grandes pandémies dans le monde, pour la remplacer par un dispositif similaire sur la grande distribution.

"Taxe avion supprimée, malades en danger", "Un billet pour le cimeti' air", "Laissez mourir l'Afrique"... C'est avec ces slogans chocs que les militants d'Aides ont tapissé jeudi matin la vitrine de la permanence de Bruno Le Roux, le patron des députés socialistes. L'association de lutte contre le Sida a ainsi laissé éclater sa colère face à la proposition de l'élu de Seine-Saint-Denis, dans un rapport remis lundi à Manuel Valls, de supprimer la taxe de solidarité sur les billets d'avion, dite "taxe Chirac". Celle-ci prélève depuis 2006 entre 1,13 euros (pour les vols intérieurs et intra-européens) et 4,51 euros (pour les autres destinations) - dix fois plus lorsqu'on voyage en classe affaires - sur tous les passagers au départ de la France. Et ce afin d'aider les pays les plus pauvres à lutter contre le sida, la tuberculose et le paludisme, en particulier via l'ONG Unitaid.

Au nom de la compétitivité de nos compagnies aériennes, Air France en tête, Bruno Le Roux veut remplacer cette taxe, qui rapporte actuellement environ 200 millions d'euros annuels, par une ponction de 0,05% sur les bénéfices de la grande distribution. "Il n'a jamais été question du supprimer la taxe de solidarité. Mais son "assiette" n'est pas la meilleure ! Arrêtez les caricatures", a d'ailleurs réagi le proche de François Hollande sur Twitter après l'action coup de poing de Aides.

"Un dispositif qui toucherait le quidam"

Pas de quoi calmer la colère de l'association . "Le gouvernement socialiste est en train de disloquer de années et des années de travail sur la solidarité internationale !, s'offusque Vincent Pelletier, le directeur général d'Aides. La France avait été saluée partout pour cette idée de financement innovant, simple et démonstrative pour le monde entier. Elle marche et je ne peux croire qu'elle mette en cause la survie d'Air France". Sans compter, ajoute-t-il, "qu'on veut remplacer une taxation des classes plutôt aisées, celles qui voyagent, par un dispositif qui toucherait le quidam achetant son paquet de pâtes au supermarché."

Jacques Chirac souhaitait que tous les pays reprennent sa taxe sur les billets d'avion, afin que celle-ci devienne mondiale. Mais aujourd'hui, seule une dizaine d'Etats ont effectivement franchi le pas. Son rêve pourrait définitivement s'envoler si la France y renonçait.

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