Sûreté du parc nucléaire français : le contexte est "préoccupant", juge l'ASN

Sûreté du parc nucléaire français : le contexte est "préoccupant", juge l'ASN
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NUCLEAIRE - Doit-on s'inquiéter de la situation du parc nucléaire français ? Selon le président de l'ASN, auditionné ce mercredi, si la sûreté des "grosses installations" hexagonales a été "bonne" en 2015, le contexte est "globalement préoccupant".

Hasard du calendrier, alors que la plupart des centrales nucléaires françaises étaient en grève mercredi soir, à la veille d'une nouvelle journée de mobilisation contre la loi Travail, l'Autorité de la sûreté nucléaire (ASN) a fait part mercredi de sa préoccupation quant à la situation du parc nucléaire français à court terme.

Auditionné par l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), le président de l'ASN, Pierre-Franck Chevet a estimé que "pour l'instant, les choses (allaient) bien mais les choses peuvent se dégrader en rapport avec ce contexte préoccupant." Si la sûreté "des grosses installations nucléaires" françaises (EDF, Areva, CEA) a été "bonne" en 2015, a affirmé Pierre-Franck Chevet, les enjeux sont "sans précédent", a-t-il souligné, au premier rang desquels "la prolongation ou non des réacteurs EDF au-delà de leurs 40 ans." Mais aussi "l'éventuelle prolongation des autres grosses installations nucléaires" comme les usines du cycle du combustible (Areva) et des réacteurs de recherche du CEA car "toutes arrivent à un âge assez avancé", a-t-il ajouté.

Des difficultés financières

Récemment, l'ASN a demandé à Areva de "renforcer la surveillance" d'installation de son usine de retraitement de Beaumont-Hague (Manche), en raison de la corrosion d'installations assurant la concentration des produits de fission. Cette mise en garde transmise fin février s'est ajoutée aux signes d'inquiétude autour de la sécurité des centrales qui se sont multipliés ces derniers mois.

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Outre la question de la prolongation des sites, les acteurs du nucléaire français doivent poursuivre le déploiement des mesures de sûreté décidées après la catastrophe de Fukushima, au Japon, en 2011. Dernier enjeu majeur auquel est confronté le secteur : la construction de nouvelles installations, type EPR ou Iter notamment, dont les chantiers connaissent pour la plupart "des difficultés, des retards ou encore des anomalies", a souligné le président de l'ASN.

Or l'ensemble de ces enjeux interviennent dans un contexte de "difficultés financières" a-t-il rappelé : "Etre en moins bonne forme alors que vous avez beaucoup plus de choses à gérer cela crée une situation qui est préoccupante."

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