Surpopulation des prisons : Macron veut promouvoir les travaux d'intérêt général

SOCIÉTÉ

Toute L'info sur

La présidence Macron

JUSTICE - Emmanuel Macron a annoncé mardi avoir pour "projet de créer une Agence" chargée de développer et "d'encadrer les travaux d'intérêt général" afin de lutter contre la surpopulation dans les prisons.

Les travaux d'intérêt général, remède miracle contre la surpopulation carcérale ? C'est en tout cas la piste qu'Emmanuel Macron entend suivre ces prochains mois. Le chef de l'Etat a annoncé ce mardi avoir pour "projet de créer une Agence" chargée de plancher sur des solutions pour améliorer la situation dans les prisons. 

"La France ne peut être fière des conditions dont certains sont détenus sur son territoire, avec un taux d'occupation d'en moyenne 139% et 1.300 matelas au sol", "une statistique insupportable", a tout d'abord rappelé le président de la République, qui s'exprimait devant la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) à Strasbourg. Et Emmanuel Macron de mettre en avant une première piste : "Je souhaite développer les travaux d'intérêt général, qui ne constituent que 7% des peines prononcées mais nécessitent la mobilisation coordonnée de tous les acteurs". La France prévoit aussi l'ouverture de places supplémentaires, a-t-il rappelé, dans le cadre des chantiers de réformes en cours au ministère de la Justice. "Ce chantier est immense mais indispensable pour notre société", a-t-il estimé. 

Lire aussi

"Les alternatives à l'emprisonnement sont toujours négligées"

Si la France souhaite mettre les bouchées doubles, c'est que le temps presse. La France a en effet été condamnée plusieurs fois par la CEDH pour sa surpopulation carcérale. Il y a deux semaines, vingt-sept associations et syndicats impliqués dans le champ pénitentiaire ont d'ailleurs interpellé les parlementaires pour dénoncer une augmentation constante du parc carcéral au détriment de la logique de réinsertion. "Seulement 82,8 millions d'euros sont alloués à la rénovation, ce qui représente une baisse de 33 % par rapport à 2017, alors que l'administration pénitentiaire estime que 120 à 130 millions d'euros par an sont nécessaires pour maintenir les établissements à un niveau correct", estiment les associations. Dans le même temps, "les alternatives à l'emprisonnement sont toujours négligées", relèvent ces organisations : à titre d'exemple, "les crédits alloués à la location des bracelets électroniques passent de 15,4 à 11,2 millions d'euros. Une diminution de 27% par rapport à 2017".

En vidéo

La France dans le peloton de tête de la surpopulation carcérale

"Si toutes les personnes détenues exécutant actuellement un reliquat de peine de moins d'un an (environ 19.000) bénéficiaient d'une libération sous contrainte comme la loi le permet, il n'y aurait d'ores et déjà plus de surpopulation carcérale dans les maisons d'arrêt", relèvent-elles.

Pendant la campagne, Emmanuel Macron, qui s'était engagé à créer 15.000 places de prison sur le quinquennat, avait souhaité que "toute personne condamnée à une peine de prison ferme inférieure ou égale à deux ans" soit "effectivement incarcérée". 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter