Audrey Pulvar s’insurge contre "l’abyssal silence" face au FN

Audrey Pulvar s’insurge contre "l’abyssal silence" face au FN

DROIT DE RÉPONSE - Écartée de l'antenne de CNews pour avoir signé une pétition contre Marine Le Pen, Audrey Pulvar prend la parole samedi dans le journal Le Monde. La journaliste y regrette l'absence de mobilisation face au Front National, dressant un parallèle entre 2002 et 2017, et appelle à la résistance.

 "2017 ? Comme un cauchemar recommencé qui pourrait cette fois devenir réalité." Dans une longue tribune publiée samedi dans Le Monde, Audrey Pulvar revient sur son combat contre le Front National. Après avoir été suspendue de la chaîne CNews pour avoir appelé à résister contre le parti d'extrême droite, la journaliste explique son engagement dans une France qui semble avoir baissé les bras. "Au lendemain du premier tour, 40 % d’électeurs, voire plus, se disent prêts à porter l’extrême droite au pouvoir. Face à eux, l’abyssal silence de rues vides, la tentation d’une rageuse abstention", s'étonne-t-elle. "Mais, surtout, une léthargie nationale devant ce qui n’étonne ni ne heurte plus." 

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Audrey Pulvar se souvient. Du 21 avril 2002 et "des kilomètres d’indignation" dans la presse de l'époque, mais aussi des "cortèges, graves et fraternels, emplissant les rues des villes". Et de poursuivre ce parallèle avec le parti d'hier et d'aujourd'hui.  "Hier le 'détail de l’histoire', aujourd’hui la France 'pas responsable de la rafle du Vél’ d’Hiv'",  "hier la clique des nervis de l’OAS, aujourd’hui des élus clamant sans vergogne qu’accueillir quelques migrants dans les territoires ruraux, c’est 'faire venir les viols, les vols et le terrorisme islamiste'. Hier Saddam Hussein, aujourd’hui Bachar Al-Assad." Car pour la journaliste le Front National a peut être changé d'images, mais pas d'idées, ni de vision de la société.

La reporter retrace les causes qui ont conduit à l'ascension du parti, des hommes politiques flirtant avec les valeurs du FN à la crise financière, en passant par la gestion de l'Union Européenne, sans omettre ... sa propre profession. "Aujourd’hui ? L’acceptation, principe de neutralité oblige, d’un phénomène, le succès de l’extrême droite, que nous, journalistes, avons contribué à créer depuis trente ans", regrette-t-elle. Avant d'appeler à résister : "demeurons verticaux".

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