Sylvia Peromingo, première victime d'Alain Penin : "C'était plus qu'un viol, il voulait me tuer"

Sylvia Peromingo, première victime d'Alain Penin : "C'était plus qu'un viol, il voulait me tuer"

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INTERVIEW - Elle est la première victime d'Alain Penin. En 2004, alors qu'elle faisait son jogging, il s'est jeté sur elle . Pour "rester en vie", elle a essayé de "garder le contact" avec lui. Durant les deux longues heures où il l'a violée. Lundi, Sylvia Peromingo a témoigné à la barre de la cour d'assises du Nord où son agresseur est jugé pour le meurtre en 2010 d'une autre joggeuse, Natacha Mougel. Ce mardi, elle s'est confiée à metronews.

Elle est la première victime d'Alain Penin. En 2004, alors qu'elle faisait son jogging, il s'est jeté sur elle. Pour "rester en vie", elle a essayé de "garder le contact" avec lui. Durant les deux longues heures où il l'a violée. Lundi, Sylvia Peromingo a témoigné à la barre de la cour d'assises du Nord où son agresseur est jugé pour le meurtre en 2010 d'une autre joggeuse, Natacha Mougel. Elle s'est confiée à metronews.

Metronews - Comment avez-vous vécu votre confrontation avec Alain Penin ?
Sylvia Peromingo - Je me suis préparée des semaines à ce procès. Mais je n'avais pas imaginé une épreuve aussi dure. En le voyant, j'étais terrorisée. Mais je l'ai défié du regard jusqu'à ce qu'il me regarde à son tour. Je l'ai forcé à me regarder, à regarder ce qu'il avait fait.

Vous avez expliqué aux jurés avoir vu "la mort dans ses yeux" le jour de votre agression. Lui a assuré qu'il ne voulait pas vous tuer...
Sur le coup, j'étais tellement décontenancée que je n'ai pas réussi à répondre. Mais c'était plus qu’un viol, il ne voulait pas en rester là. Il voulait me tuer. C'est un tueur né, c'est dans ses gênes.

Qu'est-ce qui vous faire dire ça ?
Il n'y a que lorsque vous vous retrouvez face à cet homme que vous pouvez ressentir ça. On sent ces choses-là. J'ai voulu gagner du temps sur ma mort. Je me suis donc mise à lui parler. Au procès, il a dit une chose qui m'a interpellée : "Le fait qu'elle m'ait parlé, j'ai trouvé ça bizarre". Mon instinct de survie m'a sauvée.

En 2008, vous aviez mis en garde la justice contre une éventuelle liberté conditionnelle...
Oui, on est venu me voir pour me demander si j'étais d'accord pour qu'il ressorte... Evidemment, j'ai répondu non et j'ai dit : "Si vous le lâchez, il recommencera. Et cette fois, il tuera". Tout le monde était au courant. Mais ça n'a rien changé.

Qu'avez-vous ressenti lorsque vous avez appris le meurtre de Natacha Mougel ?
La terre s'est ouverte sous mes pieds et je suis tombée dans le vide. Il a fini par réussir à faire ce qu'il avait raté avec moi. Et quelque part, il m'a tuée. C'est un sentiment horrible. Natacha et moi avons été confrontées au même bourreau. J'ai imaginé tout ce qu'elle a dû ressentir. Y compris sa douleur. Quand j'étais au fond de ce ravin avec lui et qu'il avait ce couteau et ce tournevis posés sur moi, j'ai imaginé la façon dont il allait me tuer, je me suis demandée si j'allais souffrir. J'ai imaginé la mort. Je suis sûre que Natacha a su dès la première seconde qu'elle allait mourir.

Vous en voulez à ceux qui ont décidé de le libérer sous conditions ?
(Silence). Terriblement.

Qu'attendez-vous de ce procès ?
J'attends qu'il crève en prison. Je voudrais que la justice prenne conscience que cet individu est dangereux, qu'il faut l'enfermer à vie. Il sera sûrement condamné à la peine la plus lourde. Mais il ressortira, il ne sera pas assez vieux (Alain Penin a actuellement 42 ans, ndlr). Et il recommencera.

Comment arrive-t-on à se reconstruire après ça ?
On ne fait que survivre. J'ai fait trois tentatives de suicide. Depuis la mort de Natacha, j'essaye une nouvelle fois de me reconstruire. Il y a des moments où je suis fatiguée, je n'y arrive plus. J'espère pouvoir aller de l'avant. Je suis vivante et je dois donc en profiter. Mais c'est également dur de vivre. Une partie de moi n'est plus là.

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