Syndicat de la magistrature : qui sont les "cons" qui ont porté plainte ?

Syndicat de la magistrature : qui sont les "cons" qui ont porté plainte ?

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JUSTICE – La présidente du Syndicat de la magistrature Françoise Martres a été mise en examen pour "injure publique" dans l'affaire du "mur des cons", qui avait suscité une vive polémique lors de sa révélation en avril 2013. Des dizaines des personnalités figuraient sur ce tableau. Mais qui a porté plainte ?

C'est la revanche des "cons". Ils s'étaient indignés, il y a presque un an, en se découvrant en photo, épinglés sur le "mur des cons". Sur les images diffusées par le site Atlantico le 24 avril 2013, le grand public découvrait cette mosaïque au goût douteux, placardée dans un local du Syndicat de la magistrature (SM), classé à gauche. Ce vendredi, l'hebdomadaire Valeurs actuelles révèle que sa présidente, Françoise Martres, qui n'a pas souhaité répondre à nos questions, a été mise en examen le 17 février dernier. Poursuivie pour injure publique envers un particulier, elle pourrait également l'être pour destruction de preuves, le fameux "mur" ayant été détruit. Mais qui, parmi ces dizaines de personnalités, n'a pas digéré la mauvaise farce du syndicat ?

Parmi les "cons" du SM figurent des dizaines de personnalités issues du monde politique, des médias ou de la société civile. Brice Hortefeux, Michèle Alliot-Marie et Nadine Morano y côtoient ainsi le magistrat Philippe Courroye, le criminologue Alain Bauer, l'ancien ministre et ex-entraîneur du XV de France Bernard Laporte, le journaliste Eric Zemmour ou encore l'humoriste Dieudonné.

Christian Jacob et Philippe Schmitt parmi les plaignants

Au total, douze plaintes auraient été déposées. De source judiciaire, Françoise Martres a été mise en examen pour injure publique à l'encontre du chef de file des députés UMP Christian Jacob et du général Philippe Schmitt. Le premier avait porté plainte en tant que chef de file du parti, qui compte de très nombreuses personnalités parmi ces "cons". Lui-même y figure, tout comme Nicolas Sarkozy et son fils Jean, le maire de Nice Christian Estrosi ou encore l'élu des Hauts-de-Seine Patrick Balkany. Le second s'était attiré l'inimitié des magistrats en critiquant le "laxisme" de certains juges après l'assassinat de sa fille, Anne-Lorraine, dans un RER en novembre 2007. Cela fait deux. Qui sont les dix autres ?

A l'époque, dans l'indignation générale, plusieurs personnalités avaient fait savoir qu'elles conduiraient l'affaire devant les tribunaux. Toutes étaient d'ailleurs "parfaitement fondées" à le faire, avait affirmé la ministre de la Justice, Christiane Taubira. Parmi elles, le fondateur de Reporters sans frontières Robert Menard, reconverti en politique depuis et soutenu par le Front national. Le parti d'extrême droite avait lui aussi annoncé avoir chargé un avocat pour poursuivre le syndicat.

Manuel Valls, presque seul à gauche

Parmi les élus UMP, un était particulièrement remonté : sans attendre la plainte groupée, le député Etienne Blanc avait déposé une plainte de son côté, avec constitution de partie civile pour diffamation. Il avait également demandé au juge de faire une perquisition au siège du Syndicat de la magistrature , "en vue d'y saisir tous les documents qui pourraient caractériser une hostilité à [s]on égard". En outre, Patrice Ribeiro, secrétaire général du syndicat de police Synergie-Officiers, avait également annoncé le dépôt d'une plainte après avoir découvert son portrait sur "le tableau de chasse" des magistrats.

Enfin, parmi toutes les cibles du Syndicat de la magistrature, deux hommes en particulier auraient pu être tentés de riposter : Manuel Valls et Jack Lang sont les deux seules personnalités de gauche au tableau.

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