Syndicats, patronat, gouvernement : qui veut quoi à la Conférence sociale ?

Syndicats, patronat, gouvernement : qui veut quoi à la Conférence sociale ?

SOCIAL – Avant l'ouverture, lundi, de la Conférence sociale censée guider les réformes de l'année à venir, jamais les partenaires sociaux ne s'étaient montrés aussi hostiles. Si le Medef participera finalement aux débats, la CGT et FO menacent à leur tour de boycotter cette grand-messe. "Metronews" fait le tour des positions du patronat, des syndicats et du gouvernement.

Depuis 2012, le gouvernement en a fait son grand rendez-vous social mais le dialogue semble aujourd'hui brouillé. Pour sa troisième édition qui débute lundi, la Conférence sociale, qui rassemble sur un jour et demi les partenaires sociaux dans le but de tracer la voie des réformes à venir, pourrait virer au fiasco. Passage en revue des positions de chacun des protagonistes.

Patronat
C'est le Medef qui a allumé la mèche en menaçant de boycotter la Conférence sociale si le gouvernement ne freinait pas les réformes contraignantes pour les entreprises, comme l'application au 1er janvier prochain du compte pénibilité inscrit dans la réforme des retraites. "Il y a une proposition ou un projet de loi anti-économique tous les 15 jours, avec toujours plus de contrainte, de fiscalité, ce n'est plus possible", dénonçait il y a une semaine le patron des patrons, Pierre Gattaz. Un ras-le-bol exprimé quelques jours après l'appel signé par huit organisations patronales à accélérer les mesures en faveur des entreprises prévues dans le pacte de responsabilité qui doit se traduire par un allégement de charges d'environ 40 milliards d'euros. Entendu sur le compte pénibilité - que le gouvernement a choisi la semaine dernière de reporter en partie à début 2016 - le Medef, qui participera finalement aux négociations des 7 et 8 juillet, réclame maintenant l’instauration d'un dispositif "zéro charge" pour l’embauche d’un apprenti.

Syndicats
Une "rupture en termes de dialogue social". L'amer constat est signé Laurent Berger, le leader du syndicat réformiste CFDT, l'un des seuls à soutenir le pacte de responsabilité. C'est dire si les gages récents donnés aux patrons par le gouvernement socialiste, à commencer par le report du compte pénibilité, suscite l'ire des centrales syndicales qui s'inquiètent d'une fragilisation des acquis sociaux et réclament des contreparties aux patrons. La CGT et FO ont d'ailleurs à leur tour réservé leur participation à la Conférence aux réponses que leur apportera le gouvernement sur leurs nrevendications. La CGT demande par exemple une revalorisation du SMIC, de l’indice des salaires de la fonction publique, des pensions et minima sociaux.

Gouvernement
"S’il faut appeler cela une politique de l’offre, et bien appelons-la ainsi". Dans une interview accordée aux Echos mardi, Manuel Valls n'a pas caché l'ambition du gouvernement de jouer la carte des entreprises pour relancer la croissance et l'emploi. "Oui, la réforme peut créer des déséquilibres, venir perturber des habitudes, des acquis. Mais la réforme va remettre ce pays en marche", a-t-il même martelé dimanche lors d' un déplacement à Vauvert , dans le Gard. Outre le report du compte pénibilité, le gouvernement a également annoncé un assouplissement de la réforme du temps partiel et s'est engagé, comme le réclament les patrons, à tenir ses objectifs de réductions de charges à l'horizon 2017 dans un souci de "visibilité". Dans ces conditions, il devrait avoir du mal à garder les centrales syndicales autour des tables de négociations – au nombre de sept sur les thèmes aussi divers que l'emploi, l'investissement ou encore l'équité des rémunérations -, où doit notamment être débattue l'épineuse question d'une simplification du droit du Travail.

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