Tabagisme passif : ces études qui vont faire peur aux parents

Tabagisme passif : ces études qui vont faire peur aux parents
SOCIÉTÉ

SANTÉ – Le JDD publie dimanche une étude aux résultats préoccupants. Selon elle, "les enfants parisiens sont tous des fumeurs passifs". Récemment, des chercheurs écossais ont de leur côté démontré que le tabagisme passif à la maison avait des effets bien plus néfastes que la vie dans une grande ville polluée.

Il est loin le temps où la majorité des fumeurs dégageaient leurs volutes sans se soucier de la présence d'un enfant dans la pièce ou dans la voiture. Mais les petits restent largement exposés au tabagisme passif. Et ce, même quand leurs parents ne sont pas accros à la nicotine. Le Journal du Dimanche publie une enquête qui a de quoi faire tousser. L'hebdomadaire a fait réaliser des analyses scientifiques sur des cheveux prélevés chez 38 enfants de 2 à 11 ans, habitants de Paris et de l'île d'Yeu (Vendée), afin de rechercher des traces de substances caractéristiques de la pollution en ville. En ce qui concerne plus particulièrement la nicotine et son marqueur, la cotinine, les résultats sont étonnants.

"Peut-être applicable à d'autres villes françaises"

D'abord, la concentration en cotinine est quatre fois supérieure chez les enfants de fumeurs. Ça, ce n'est pas une surprise. Mais surtout, on en relève deux fois plus chez les enfants de non-fumeurs parisiens que chez les enfants de non-fumeurs vivant au grand air de l'île d'Yeu. "Si leurs parents et leur entourage ne fument pas, cette exposition environnementale à la cigarette pourrait être liée au mode de vie à Paris : des espaces confinés, une forte densité de population, plus de fumeurs dans la rue...", explique un scientifique au JDD.

Le journal souligne que "pour être définitive", cette étude "peut-être applicable à d'autres villes françaises" "ne porte pas sur un assez grand nombre de cas". Ses résultats ont néanmoins de quoi préoccuper, quand on sait que les enfants sont particulièrement vulnérables au tabagisme passif, qui augmente notamment chez eux les risques de maladies du système respiratoire, d'otites récidivantes ou de crises d'asthme. Ils donnent aussi de nouveaux arguments au plan anti-tabac du gouvernement , qui envisage d'interdire la cigarette dans les espaces de jeux pour enfants, en même temps qu'en voiture lorsqu'il y a des moins de 12 ans à bord.

La douche froide d'une étude écossaise

"A quoi bon bannir la cigarette de la maison puisque mon enfant en inhale en se promenant dans la rue", pourraient se dire les parents fumeurs et urbains à la lecture de cette enquête. Mais une autre étude récente, publiée par des chercheurs des universités d'Aberdeen et d'Edimbourg, vient contrebalancer ces résultats. En comparant la concentration de l'air en particules fines dans des foyers fumeurs et sans tabac, elle a mesuré que l'atmosphère des premières était dix fois plus chargée en nanoparticules. Au final selon l'étude parue dans la revue Tobacco Control , une personne habitant avec un fumeur inhalera au cours d'une vie de 80 ans un total de 5,82 g de particules fines, contre seulement 0,76g dans une maison où personne ne fume. Conclusion de ses auteurs : le tabagisme intérieur est bien plus dangereux que de vivre dans une grande ville polluée.

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