"Taxe tampon" : avec la baisse de la TVA, les prix des protections hygiéniques vont-ils vraiment baisser ?

"Taxe tampon" : avec la baisse de la TVA, les prix des protections hygiéniques vont-ils vraiment baisser ?
SOCIÉTÉ

TAXE ROSE - Rien n'est moins sûr après le vote par les députés, vendredi, de la réduction à 5,5%, contre 20% actuellement, du taux de TVA appliqué aux protections hygiéniques féminines. Les fabricants pourraient en effet en profiter pour augmenter leurs marges.

La réduction à 5,5% du taux de TVA appliqué aux protections hygiéniques est-elle vraiment une bonne nouvelle pour les femmes ? "Il faudra que ça se répercute sur les prix", "sinon c'est simplement une augmentation de la marge bénéficiaire" des vendeurs, a souligné le ministre des Finances, Michel Sapin, en réagissant vendredi au vote par les députés de la fin des 20% de TVA qui s'appliquaient jusqu'ici aux produits de protection périodique. La crainte est en effet bien là : une baisse de TVA ne garantissant en rien que les entreprises concernées la répercutent sur les consommateurs, les femmes pourraient ne voir aucun changement sur leur ticket de caisse lorsqu'elles achèteront à l'avenir leurs tampons ou serviettes périodiques (les protections pour les personnes âgées sont aussi concernées).

A peine la mesure votée , le collectif Georgette Sand , qui a mené la fronde contre la "taxe tampon", s'en est d'ailleurs inquiété. "Fier" d'avoir été entendu pour réparer une "injustice", il a néanmoins souligné qu'il "faudra que les industriels et les distributeurs le répercutent sur les prix". Dans le cas contraire, le combat des féministes, qui auront eu le plus grand mal à faire considérer les protections périodiques comme des produits de première nécessité, et donc à leur faire appliquer le même taux de TVA que l'eau ou les préservatifs, n'aura été que symbolique.

"Quelque 10 euros par an et par personne" de gain tout au plus

Or, pour l'heure, les marques concernées se sont bien gardées de s'immiscer dans le débat. Jointe par Le Parisien dans le cadre d' un article promettant "la vérité" sur la taxe tampon, "les groupes Procter & Gamble (marque Always) et Johnson & Johnson (marque Vania) n'ont pas répondu" aux questions que leur posait le quotidien sur cette baisse des prix. "De son côté, Group'Hygiène, le groupement français des industriels du secteur, botte en touche...", poursuit Le Parisien, auprès de qui Bercy a également dit "douter" d'une réelle diminution des prix des vente.

Le Parisien relève d'autre part qu'à l'heure actuelle, "sur une boîte de 24 tampons de marque facturée 4,25 € à la cliente, la TVA pèse pour 72 centimes". Au final, si les fabricants ne jouent pas le jeu, la baisse de prix ne pourrait être qu'infime. "Le gain de pouvoir d'achat" serait tout au plus "de quelque 10 euros par an et par personne", avait avancé durant les débats en séance le président de la Commission des Finances du Sénat, Albéric de Montgolfier. Le coût pour le budget de l'État est de son côté estimé à environ 55 millions d'euros annuels.

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