"Tel-Aviv sur Seine" fait polémique : mais c’est quoi, au juste ?

"Tel-Aviv sur Seine" fait polémique : mais c’est quoi, au juste ?

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PARIS PLAGES - Programmée pour jeudi, cette journée "culturelle et festive" mettant en valeur la capitale israélienne dans le cadre de Paris Plages fait des vagues. Une élue du Parti de Gauche dénonce notamment "l’indécence" de l’opération et demande son annulation à la Mairie.

La polémique "Tel-Aviv sur Seine" ne désenfle pas. Alors que l’initiative continue de faire grincer des dents sur les réseaux sociaux, la conseillère de Paris Danielle Simonnet (Parti de Gauche) – qui avait dénoncé ce week-end "l’indécence" de l’opération prévue jeudi 13 août dans le cadre de Paris Plages – a réitéré ce lundi sur France Inter sa demande à la ville de Paris , soit d'"annuler", soit "de réorganiser la manifestation". La municipalité s’est pourtant montrée claire dans son intention de ne pas plier. "Aujourd'hui, la mairie appelle à la raison et à la responsabilité", a expliqué dimanche Bruno Julliard , premier adjoint à la maire de Paris Anne Hidalgo, ajoutant qu'"annuler ce serait céder à la radicalisation".

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Foodtrucks et DJ set pour faire "voyager les Parisiens"

De quoi parle-t-on exactement ? L'opération, programmée de 10 heures à 22 heures, est une "journée culturelle et festive" avec au menu une série d’activités ludiques et gratuites – foodtrucks et DJ set – entre le pont d’Arcole (qui relie l’Hôtel de Ville à l’île de la Cité) et le pont Notre-Dame , dans le 4e arrondissement.

Organisée dans le cadre de Paris Plages, l'idée de cette journée est de faire "voyager les Parisiens qui ne partent pas en vacances", dans la lignée des partenariats culturels de Paris avec des endroits du monde entier. Avant la capitale israélienne, le Brésil et la Polynésie avaient aussi été mis à l’honneur. Ensoleillée, bordant la Méditerranée, Tel-Aviv est connue des touristes pour ses cafés chics, sa vie nocturne, ses immeubles Bauhaus, ses boulevards plantés d’arbres et ses longues plages de sable. Vue comme un îlot de paix et de liberté, loin des tensions politiques et religieuses qui tiraillent la région, elle est parfois affectueusement surnommée "la bulle" ("Ha-Buah" en hébreu), ce que le réalisateur israélien Eytan Fox avait dépeint en 2007 dans son fim "The Bubble" .

"Tel Aviv, c’est pas Copacabana”

Mais ce ne sont ni les concerts, ni les saveurs méditerranéennes que l’on pourra déguster en bord de Seine qui cristallisent les crispations. Ce qui choque les détracteurs de l’initiative, c’est de voir Israël célébré à travers Tel-Aviv. En particulier un an après la guerre de Gaza qui a fait l'été dernier 2140 victimes palestiniennes, contre 70 côté israélien. "Tel-Aviv, c’est pas Copacabana. Tel-Aviv, c'est la capitale d'Israël", a lancé Danielle Simonnet sur France Inter, affirmant que "cette opération, pour le gouvernement israélien, est une belle opération de com' que la ville (de Paris) lui sert sur un plateau". L'association CAPJPO-Europalestine (Coordination des appels pour une paix juste au Proche-Orient) a de son côté pointé une scandaleuse propagande" de l'"Etat terroriste" d'Israël, appelant à manifester "toute la journée" jeudi "si cet événement obscène n'est pas annulé".

La mairie de Paris elle-même semble consciente d’avoir opéré un choix délicat. Dans le communiqué annonçant l’évènement , la municipalité avait en effet bien pris soin de mentionner les initiatives menées en parallèle auprès des Palestiniens. En plus de "ce partenariat culturel" avec Tel-Aviv "construit en mai dernier, lors du voyage de la maire de Paris dans les villes israéliennes et palestiniennes", "une série d’actions de coopération décentralisée avec la Palestine" a été décidée, était-il en effet précisé. "En juillet, le Conseil de Paris a ainsi étendu les partenariats entre Paris et Bethléem (ville de Cisjordanie, en Palestine, ndlr) dans le domaine de la gestion de l’eau", faisait encore valoir le texte. Ce dimanche, le premier adjoint Bruno Julliard a appelé à ne pas faire "l'amalgame entre la politique brutale du gouvernement israélien et Tel-Aviv, ville progressiste". 

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