Tempêtes hivernales : la facture s'annonce salée

Tempêtes hivernales : la facture s'annonce salée

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INTEMPERIES – La série de tempêtes, qui a balayé une grande partie des côtes françaises ces dernières semaines, pèse d'ores et déjà sur l’activité économique des régions touchées, à commencer par la Bretagne.

Déjà 140 communes en état de catastrophe naturelle
Elles s'appellent Dirk, Petra, Quemeira, Stéphanie. En deux mois, ces tempêtes successives ont provoqué des inondations en Bretagne, dans le sud-ouest mais également dans le Var. La commune de Morlaix (Finistère), particulièrement touchée, a subi pas moins de quatre crues en l'espace de six semaines. De nombreux commerces ont été inondés, y compris dans les communes voisines. Si une cinquantaine de localités avaient été placées en état de catastrophe naturelle mi-janvier, un mois plus tard, on en dénombrait environ 140. Une inflation qui laisse entrevoir l'ampleur des dégâts.

Des hectares de champs gorgés d'eau
Outre le phénomène de crue, les récentes précipitations rendent les sols gorgés d'eau. "On pourrait presque planter du riz", commente, un peu désabusé, Benoît Rolland, responsable de l'antenne de Pontivy de la chambre d'Agriculture de Bretagne (Morbihan). "Sans doute plusieurs centaines d'hectares sont inondés", poursuit le responsable. "Dans ces conditions, les agriculteurs ne peuvent pas accéder aux champs, ne peuvent ni traiter ni faire d'épandage". Autant d'actions habituellement menées en cette période. "Les intempéries auront nécessairement des conséquences sur les rendements des récoltes", conclut-il. Côté élevage, la situation peut également s'avérer très difficile. Ainsi à Malestroit (Morbihan),  600 porcs sont pris au piège depuis lundi par la montée des eaux, sans nourriture.

Les pêcheurs contraints de rester à quai
"On a eu une mer déchaînée comme rarement." Pêcheur depuis 1962, Pierre Joncour sait de quoi il parle et son expérience lui permet de relativiser un peu la situation difficile que vivent les pêcheurs bretons, bloqués à quai depuis plusieurs jours. "On connaît ça pratiquement tous les ans, explique le vice-président de la Chambre de Commerce et de l'industrie Quimper Cornouiailles en charge de la pêche. Mais c'est vrai que ça fait long. Tout le monde a hâte de repartir en mer." Pour compenser les pertes de ces jours d’inactivités, le marin pari sur la saison estivale. "En général, plus il fait mauvais en hiver, meilleures sont les pêches pendant l'été", prédit le responsable. En attendant, la rareté du poisson fait flamber les prix "quasiment multipliés par deux " depuis les tempêtes.

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