Tentatives de viol à son travail : une employée poursuit La Poste aux prud'hommes pour ne pas avoir assuré sa sécurité

DirectLCI
TÉMOIGNAGE - Emmanuelle, 36 ans, dont 14 comme employée à La Poste, se bat depuis trois ans pour faire reconnaître des faits de harcèlement sexuels et de tentatives de viol sur son lieu de travail. L'affaire se tient ce vendredi au conseil des prud’hommes de Paris. Elle raconte "l'enfer" qu'elle a vécu à LCI.

Trois ans qu’elle se bat pour faire entendre sa vérité. Emmanuelle, 36 ans, dont 14 ans comme employée à La Poste, dit avoir vécu un "enfer" dans le cadre de son travail. La jeune femme a été victime de harcèlement et d’agressions sexuelles de la part son supérieur hiérarchique : "C’était des mains aux fesses, de dégrafage de soutien-gorge, on avait un grand tapis roulant pour mettre les colis hors norme, il m’allongeait là et me mettant la main aux fesses devant tout le monde, c’était hyper humiliant", raconte-t-elle à LCI. Suivent, aussi, selon elle, deux tentatives de viol. 


Quand, en 2015, Emmanuelle décide de parler, les faits sont prescrits d'un point de vue pénal. Une enquête interne est toutefois diligentée par La Poste. Tous les protagonistes et les témoins sont entendus. Et la conclusion des enquêteurs est claire : les faits sont avérés. Ils indiquent, dans un document que LCI a pu se procurer, que "suite à l’analyse des éléments recueillis, il est préconisé de donner une suite disciplinaire à ce dossier , ce que nous allons initier."

Une retraite anticipée ?

Emmanuelle pense alors avoir gagné la partie. Et que l’agresseur va être puni par la hiérarchie. Elle apprend en fait qu’il s’en sort quasi indemne : il est en fait parti à la retraite peu après. La Poste confirme à LCI : "Le cadre a été immédiatement suspendu et une procédure disciplinaire a été engagé, mais elle n’a pas pu aller jusqu’à son terme, car le cadre est parti à la retraite peu après." Or, selon décret qui s’applique à La Poste, la demande de départ anticipé doit être effectuée six mois avant. Dans ce cas-là, il n’a fallu que deux mois à l’homme pour partir... Emmanuelle reproche ainsi à son entreprise de ne pas avoir assuré sa sécurité, et d’avoir protégé son agresseur.


Après trois ans de procédure, une audience se tient auprès du conseil des prud’hommes de paris, face à la direction de La Poste, ce vendredi. A cette occasion, le syndicat SUD PTT organise un rassemblement de soutien. "Cette collègue a subi des agressions sexuelles pendant de nombreuses années de la part d’un supérieur hiérarchique", écrit le syndicat dans un communiqué. "Quand elle a pu enfin parler, les responsables du site et au niveau régional n'ont pas pris de mesures immédiates pour la protection de la victime, bien au contraire ils ont fait le choix de préserver l'agresseur." Le syndicat demande à la direction de "mettre en œuvre des moyens de prévention et d’action à la mesure d’une entreprise comptant plus de 220 000 personnes avec une majorité de femmes. Ces demandes restent lettre morte." 

Plus d'articles

Sur le même sujet

Lire et commenter