TER trop larges : une polémique toute taillée pour la réforme ferroviaire

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FERROVIAIRE - La polémique enfle mercredi après les révélations du Canard enchaîné sur le coût d'adaptation des quais aux futurs TER commandés par la SNCF. Un problème connu depuis plus de deux ans, qui met en lumière les problèmes d'organisation du rail français. Du pain béni tpour les partisans de la réforme ferroviaire bientôt présentée à l'Assemblée.

Une situation "comiquement dramatique". Le secrétaire d'État aux Transports, Frédéric Cuvillier, s'est dit consterné mercredi après avoir lu les révélations du Canard enchaîné sur la commande de TER trop larges par la SNCF. Passée en 2009 et 2010, celle-ci oblige en effet Réseau Ferré de France (RFF), le gérant des infrastructures ferroviaires, à raboter 1.300 quais pour permettre aux futures rames d’entrer en gare. Montant de la facture : 50 millions d'euros.

Pour tirer cette affaire au clair, le gouvernement a demandé aux patrons des deux opérateurs, Guillaume Pépy et Jacques Rapoport, d'ouvrir une enquête interne. Des voix se sont même élevées, mercredi, pour réclamer la démission des deux responsables. Tout le monde cependant ne pousse pas des cris d’orfraie.

Nouvelle réforme ferroviaire en vue

"C'est un problème connu depuis près de deux ans et qui est déjà en cours de traitement", souligne Marc Bauchert, secrétaire général UNSA Ferroviaire, pas particulièrement connu pour sa complaisance envers les directions des deux opérateurs et qui s'interroge sur l'intérêt de cette polémique.

De son côté RFF a certes concédé, par la voix de son président, "avoir découvert ce sujet un peu tardivement". Mais les travaux de rénovation des quais "font partie d’un plan d’actions défini en 2012", se défend l'opérateur, selon qui "300 quais ont déjà été traités à ce jour, et 600 le seront à la fin 2014". "Pour l'usager, ces travaux n'auront aucun impact, que ce soit en termes de sécurité, de retards ou sur le prix des billets", assure par ailleurs un porte-parole du groupe à metronews.

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La SNCF précise, elle, que "même si nous nous étions aperçus du problème avant, cela n’aurait rien changé au choix des nouvelles rames". Et pour cause, nous explique cette responsable, ces dernières répondent aux récentes normes internationales imposées à la France par Bruxelles, à l'inverse d'une partie des quais construits, pour certains, il y a plus d'un siècle. "Une modernisation était donc nécessaire, ne serait-ce que pour accueillir plus tard des concurrents", conformément à l'obligation européenne programmée en 2019.

En attendant, cette polémique tombe à pic pour les partisans d'un big bang ferroviaire. C'est en effet le 16 juin prochain que la réforme du secteur doit être présentée à l'Assemblée. Une petite révolution, portée par Frédéric Cuvillier, puisqu'elle prévoit de refondre en une seule entité la SNCF et RFF, scindés depuis 1997. Une division que les opérateurs, favorables à la réforme, ont tous deux pointée du doigt pour expliquer les problèmes de communication à l'origine de leur couac.

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