Manuel Valls : "Nous allons certainement vivre encore quelques mois avec cet état d'urgence"

Société
PROLONGATION – Sur la BBC dimanche 13 novembre, le Premier ministre a plaidé pour l’allongement de la durée de l’état d’urgence, en place depuis le 13 novembre, notamment en vue de la présidentielle.

Depuis les attentats du 13 novembre 2015, la France vit au rythme de l’état d’urgence décrété par le gouvernement. Un an, jour pour jour. Une situation qui avait été prolongée à la suite des attentats de la Promenade des Anglais à Nice le 14 juillet dernier. Et selon Manuel Valls, il est fort probable que l’état d’urgence soit de nouveau renouvelé en janvier prochain, dans la perspective notamment de l’élection présidentielle de mai 2017.


"Il est difficile aujourd’hui de mettre fin à l’état d’urgence", a ainsi déclaré le Premier ministre sur la chaîne britannique BBC dimanche 13 novembre, jour de commémorations des attentats de Paris. "D’autant que nous allons nous engager dans une campagne présidentielle dans quelques semaines avec des meetings, avec des réunions publiques. Donc il faut aussi protéger notre démocratie", a-t-il ajouté lors d’un entretien avec l’émission HARDTalk.

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Le Premier ministre a également insisté sur la marge de manœuvre que laissait le dispositif de l’état d’urgence aux forces de renseignements français. "Il nous permet aussi des interpellations, des contrôles administratifs qui sont efficaces. (..) Donc oui, nous allons vivre encore sans doute pendant quelques mois avec cet état d’urgence", a-t-il ainsi précisé. 


Des déclarations qui font échos à celles de Sébastien Pietrasanta, rapporteur PS de la commission d’enquête sur les attentats de 2015. Le 12 novembre, celui-ci a estimé dans les colonnes de L’Obs que l’état d’urgence serait sans doute prolongé "au moins jusqu’à la présidentielle". "Je l’ai dit en juillet à l’Assemblée nationale : seul un consensus politique, républicain, peut nous en sortir. Mais comment voulez-vous que cette décision soit prise après ce qu’il s’est passé à Nice, entre autres, et alors que nous sommes en pleine période pré-présidentielle ?" a-t-il interrogé. Précisant que la responsabilité de celui qui décidera de lever l’état d’urgence sera très engagée, il a affirmé ne pas envisager ce cas de figure avant l’élection de mai prochain.

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Des risques toujours à évaluer

Sur la BBC, Manuel Valls a dit vouloir rester "très prudent" quant à la situation actuelle. S’il estime que le risque d’une attaque organisée par un commando comme cela avait été le cas en novembre 2015 a "tendance à diminuer", il n’écarte pas la possibilité d’un attentat suivant le mode opératoire de Nice, davantage à craindre. "Nous pouvons faire face à des attaques de [ce] type. C’est-à-dire des individus qui sont actionnés directement par internet, par des réseaux sociaux, par l'Etat islamique sans avoir eu besoin de passer par la Syrie ou par l’Irak", a ainsi détaillé le Premier ministre.


Un an après les attentats de Paris, des commémorations sur les divers lieux des attaques ont lieu dimanche 13 novembre, en présence notamment de François Hollande. 

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