"Théorie du genre" : comment une fausse rumeur a fait école

"Théorie du genre" : comment une fausse rumeur a fait école

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ZOOM - Elle s'est propagée comme une traînée de poudre au point de faire réagir au sommet de l'Etat. Metronews décrypte cette folle rumeur, selon laquelle des écoles "apprendraient aux petits garçons à devenir des petites filles", qui a poussé certains parents à retirer leurs enfants en classe.

Que s'est-il passé ?
La semaine dernière, des SMS d'un obscur collectif nommé "Journée de retrait de l'école 2014" (JRE) se propagent sur les portables de parents d'élèves. Ils appellent à boycotter l'institution scolaire le 27 janvier pour protester contre des futurs "cours d’éducation sexuelle", voire "de masturbation". Des messages irrationnels qui trouvent pourtant écho dans une vingtaine de départements. "Au final, le mouvement a eu un impact limité – une centaine d'écoles sur 48.000 – mais il a été très suivi dans certaines zones sensibles, où parfois un tiers des élèves ont manqué à l'appel", explique Christian Chevalier, du syndicat des enseignants-UNSA.

Comment est-ce devenu un problème national ?
Pour tenter de  tordre le cou à la rumeur , le ministre de l'Education Vincent Peillon convoque mardi une conférence de presse en urgence. "Il n'y a pas d'enseignement de la théorie du genre à l'école mais une éducation à l'égalité fille-garçon". Une mise au point assortie mercredi d'une missive à tous les directeurs d'établissement leur demandant "de convoquer les parents qui ne mettent pas leurs enfants à l'école pour leur expliquer la réalité des choses et leur rappeler que dans notre pays, il y a une obligation scolaire à l'égard des enfants".

Qui se cache derrière cette rumeur ?
Aux manettes de cette campagne d''intox, Farida Belghoul, 55 ans, ancienne figure des rassemblements antiracistes des années 1980. Trente ans plus tard, elle gravite autour de l'extrême droite et de l'essayiste Alain Soral. Depuis janvier, celle qui a reçu le soutien des catholiques intégristes Civitas et du Printemps français est partie en croisade pour "sauver (nos) enfants" mis en danger par "la propagande LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et trans). Dans sa ligne de mire, les écoles de l'ABCD de l'égalité, récemment mises en place par le gouvernement (lire ci-dessous), qui constituent, selon elle, une introduction à la "théorie du genre". Contactée par metronews, elle nous a adressé une fin de non-recevoir refusant "toutes interviews des médias du système".

C'est quoi la "théorie du genre" ?
La "théorie du genre", ça n'existe pas . Les "études de genre", en revanche, sont un champ de recherche sociologique né dans les années 1970 aux Etats-Unis ("gender studies"), qui questionne le rapport hommes-femmes et l'identité sexuelle. Quand ces questions ont resurgi dans la société ces dernières années  à la faveur des débats sur les droits des femmes et des LGBT , les milieux catholiques se sont mis à dénoncer une idéologie qui viserait à supprimer les différences entre garçons et filles. Suffisamment vague pour accueillir tous les amalgames. Appliqué à l'école, le concept associe en outre sexualité et enfants. De quoi faire naître toutes les peurs.

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