Touchers intimes sur patientes endormies : "Les hommes aussi sont concernés, avec les touchers rectaux"

Touchers intimes sur patientes endormies : "Les hommes aussi sont concernés, avec les touchers rectaux"

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TEMOIGNAGE - D'après Charles, étudiant en 3e année de médecine à Paris, les hommes aussi sont concernés par la pratique du toucher médical intime, via des touchers rectaux, avec la même problématique que les femmes : quid de leur consentement ?

Les hommes aussi. Après notre article sur la pratique des touchers vaginaux sur des patientes endormies, sans être certain qu'elles aient donné leur consentement, et le démenti de l'hôpital Lyon-Sud , un étudiant parisien nous a contacté et signalé que la pratique n'épargnait pas ces messieurs. D'après Charles*, étudiant en troisième année de médecine, ceux-ci peuvent en effet également subir des touchers. Rectaux, puisqu'il s'agit d'hommes. Entretien.

 Les touchers rectaux chez les hommes endormis, une pratique aussi répandue que les touchers vaginaux chez les femmes ?

"Aussi répandue, je ne sais pas. Mais elle existe oui, je l’ai pratiquée trois fois dans un hôpital parisien lors de mon stage en urologie cette année, lorsque j’étais notamment au bloc opératoire avec un anesthésiste et un médecin. Ce dernier m’a dit : ‘tu vas faire un toucher rectal et tu vas essayer de trouver la prostate’. Je me suis exécuté mais j'ai trouvé ça extrêmement choquant. C’est un acte invasif pour les patients, on rentre dans le corps de quelqu’un et je ne sais pas si, à ce moment-là, le patient était informé. Je ne sais pas non plus si l’acte était obligatoire, médicalement parlant. Cela peut être formateur, mais en l’occurrence, je n’ai pas eu de débriefing ensuite avec le médecin pour savoir ce que j’avais senti à la palpation.

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► Considérez-vous qu’il s’agit d’un viol ou d'une agression sexuelle ?

Non, car il n’y a aucune forme de plaisir dans la pratique d’un toucher rectal, ou vaginal, par un étudiant en médecine. Si la pratique n’est pas indispensable à l’établissement du diagnostic ou pendant une opération chirurgicale, et que le patient n’a pas donné son accord explicite, il s’agit cependant d’un abus.

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► S’agit-il d’une pratique isolée, marginale selon vous ?

J’ai recueilli des témoignages de différents amis, également étudiants en médecine. Cinq m’ont raconté avoir pratiqué des touchers rectaux ou vaginaux sur des patients et des patientes dans des hôpitaux de la région parisienne, en salle de réanimation, après des complications pulmonaires. Donc sans rapport avec la gynécologie ou l’urologie ! Certains sont scandalisés, d’autres considèrent la pratique normale et me répliquent qu’il faut bien s’entraîner. Je suis persuadé qu’il faudrait une meilleure information des patients qui entrent dans un hôpital universitaire, où les étudiants se forment, et avoir leur consentement explicite".

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* Le prénom a été modifié

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