Touchers vaginaux sur patientes endormies : une enquête aux conclusions "préoccupantes"

Touchers vaginaux sur patientes endormies : une enquête aux conclusions "préoccupantes"

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SANTE - La ministre de la Santé Marisol Touraine a reçu mardi un rapport sur la formation clinique des étudiants en médecine, neuf mois après une affaire de soupçons de touchers vaginaux non consentis sur des patients endormis à la fac de Lyon. Les conclusions sont d’ailleurs "préoccupantes", indique le ministère.

Le sujet avait fait polémique au moment où nous le révélions, en février dernier ( lire ici notre enquête ) Des documents présents sur le site de l’Université de médecine de Lyon Sud avaient fait émerger des soupçons de touchers vaginaux non consentis sur des patients endormis. "Alarmée", la ministre de la Santé Marisol Touraine avait diligenté une enquête sur la formation clinique des étudiants en médecine. Neuf mois après, les conclusions sont sur la table. Et certains sont "préoccupantes", indique dans un communiqué le ministère.

De quoi parle-t-on, exactement ? Il apparaissait que des étudiants en médecine s’exerçaient au "toucher vaginal" sur des patients endormies au bloc opératoire sans leur consentement, voire parfois sans que cela ne soit nécessaire pour les soigner. Ce qui est contraire à la loi du 4 mars 2002, qui stipule que "l'examen d'une personne malade dans le cadre d'un enseignement clinique requiert son consentement préalable". Etait ainsi soulevé le problème de la formation des étudiants en médecine, notamment dans des actes touchant à l'intimité de la personne.

L'accord du patient "pas systématique comme il devrait l'être"

Le rapport remis ce mardi, rédigé par le président de la conférence des doyens des facultés de médecine, Jean-Pierre Vinel, indique ainsi que 20 à 33% de ces gestes seraient réalisés sans que le consentement du patient anesthésié n'ait été recueilli. "L’enquête révèle notamment que lorsque l’examen pelvien est réalisé chez une personne sous anesthésie générale, le consentement préalable du patient n’est recueilli que dans 67% des cas pour les étudiants du diplôme de formation générale en sciences médicales, et dans 80% pour les étudiants du diplôme de formation approfondie",  indique le ministère de la Santé . Malgré certains constats positifs (examens encadrés pour 100% des jeunes étudiants et pratiqués, de plus en plus, par simulation), Marisol Touraine juge ces résultats "très préoccupants" et rappelle que les actes concernés, "totalement illégaux", exposent à des poursuites pénales. La ministre précise que "l’Etat sera d’une extrême fermeté face à ces pratiques inacceptables".

Le rapport indique encore que le recueil d'un accord du patient préalable à tout geste d'examen clinique est "très largement majoritaire, mais pas systématique comme il devrait l'être". Les examens par des groupes d'étudiants ne sont pratiqués que pendant le Diplôme de formation générale en sciences médicales (DFGSM), et se font "toujours en présence d'un médecin 'senior' et toujours après obtention du consentement du patient". Par ailleurs, la pratique de touchers pelviens chez des patients anesthésiés est "absente" en DFGSM, rare en DFASM (Diplôme de Formation Approfondie en Sciences Médicales) et "généralisée" en DES (troisième cycle) dans la mesure où l'étudiant de DES est considéré partie de l'équipe médicale et à ce titre tenu de réaliser l'examen clinique. 

> Lire le rapport sur la formation clinique des étudiants en médecine

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