Tracfin recentre sa traque sur le financement du terrorisme

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BLANCHIMENT - La cellule de lutte contre le blanchiment de Bercy a fait du financement du terrorisme une priorité. Depuis un an, 10 agents travaillent exclusivement sur cette problématique. Afin de détecter les signaux faibles et transmettre des informations aux services de renseignement.

Tracfin, un des piliers de la lutte contre le terrorisme ? La cellule antiblanchiment de Bercy a rendu son rapport annuel ce jeudi matin. Premier constat, elle a recentré son activité sur la lutte contre le financement du terrorisme. En 2015, 534 dossiers concernant cette problématique ont été traités. C’est 119% de plus qu’en 2014. Une augmentation qui s'est accélére encore en 2016, puisque 250 notes ont alors été envoyées aux services de renseignements et 36 à la justice concernant des individus radicalisés. C'est près de trois fois plus par rapport à 2015.


Tracfin a gagné 10 emplois, intégrés à une division entièrement dédiée à la lutte contre le financement du terrorisme. Au moment des attentats du 13 novembre 2015, cette équipe a été mobilisée pour tracer en 48 heures l’environnement financier des membres du commando recherchés et identifiés.

Des mécanismes d'autofinancement

Tout au long de l'année, l'organisme analyse l’activité bancaire des personnes signalées pour radicalisation et susceptibles de passer à l’acte. Un travail de fourmi au service de la détection des "signaux faibles", ces transactions d'un faible montant (quelques centaines ou milliers d'euros) qui peuvent renseigner le contre-terrorisme sur le niveau d'une menace ou l'imminence d'un passage à l'acte.


En quelques mois, les agents de Bercy ont relevé des mécanismes d'autofinancement communs aux suspects : recours au crédit à la consommation, utilisation de cartes prépayées, trafics de drogue, vols, ventes de contrefaçons... Si bien que Tracfin alerte désormais sur le financement des associations à visées radicales, dont le fonctionnement financier serait opaque.


Leurs caractéristiques : une création récente (après 2011), des actions variées (fourniture de médicaments, matériel humanitaire, envoi d’animaux vivants pour la célébration de fêtes religieuses), des collectes de dons avec paiement grâce à des cartes pré-payées et des comptes Pay-Pal, a détaillé ce jeudi matin au micro de LCI Bruno Dalles, directeur de Tracfin.

Professions à risque

Outre le terrorisme, Tracfin pointe du doigt certaines professions au sein desquelles les déclarations de suspicions sont peu nombreuses, voire inexistantes, comme les agents sportifs, les professions immobilières ou encore les professions du marché de l’art, par ailleurs exposées au risque de financement du terrorisme, du fait du pillage des antiquités sur les sites archéologiques sous l’emprise de Daech. La profession d'avocat est de son côté jugée à risque car "rétive au dispositif français de lutte contre les blanchiments de capitaux".

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