Trafic de drogue, violences, insalubrité : les défis auxquels la ville de Marseille est confrontée

Trafic de drogue, violences, insalubrité : les défis auxquels la ville de Marseille est confrontée

CHANTIERS - Écoles et logements insalubres, manque de transports, trafic de drogue : les défis sont nombreux dans la deuxième ville de France. La municipalité et le gouvernement devront trouver des solutions pour y répondre. État des lieux.

Une ville endettée, des équipements publics en désuétude et une guerre des gangs sur fond de trafic de drogue qui n’en finit pas de faire des victimes. De l’aveu même de son maire, la ville de Marseille a besoin d’aide. C’est le sujet qui occupera le président de la République, Emmanuel Macron, à l'occasion d'une visite de trois jours dans la cité phocéenne à partir de ce mercredi. 

Depuis sa victoire aux élections municipales de 2020, la gauche l'assure : la situation financière laissée par la droite est catastrophique. Un audit commandé à l'arrivée au pouvoir du Printemps marseillais et révélé en février dernier insiste notamment sur la très faible capacité d’investissement de la ville, plombée par une dette chiffrée fin 2020 à 1,54 milliard d’euros. Fin 2019, la ville ne disposait dans ses caisses que de 13 millions d’euros pour investir. La crise du Covid a encore aggravé la situation avec des dépenses supplémentaires estimées à 100 millions d’euros.

Même si, pour "oxygéner les finances de la ville", Benoît Payan a négocié avec les banques une baisse des remboursements de la dette de "20 millions d'euros pour 2021 et de 63 millions pour les quatre prochaines années", l'édile socialiste a besoin de l'aide de l'État pour rebâtir et rénover, notamment les écoles. Il a déjà indiqué travailler "avec l'État sur un plan de réhabilitation de toutes les écoles qui ne sont pas en état". Il concernerait 200 établissements sur les 472 que compte la ville et serait doté d'1,2 milliard d'euros.

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Une offre de transports insatisfaisante

Outre les écoles, les transports sont un autre point noir à Marseille. La cité phocéenne est très en retard dans son offre de transports en commun, elle a même été classée par Greenpeace comme lanterne rouge en France en termes de solutions de mobilité alternatives à la voiture. Selon l'Union des transports publics, la deuxième ville du pays ne compte que 1.129 kilomètres de lignes de bus, tramway et métro, contre 3.886 à Lyon par exemple. Elle est aussi classée bonne dernière et "très défavorable" pour la pratique du vélo par la Fédération des usagers de la bicyclette, avec 130 km de pistes cyclables, contre 750 à Lyon.

La qualité des logements participe également au tableau noir marseillais. Dès 2015, le rapport Nicol y dénombrait 40.000 taudis, ce qui porterait à 100.000 le nombre de personnes concernées sur 860.000 habitants. Ce délabrement a eu une illustration tragique en novembre 2018, lorsque huit personnes ont trouvé la mort dans l'effondrement d'un immeuble rue d'Aubagne, à deux pas du Vieux-Port. La ville manque également de logements sociaux, notamment dans le centre et les quartiers riches du sud. Ainsi dans le centre ancien, les logements insalubres jouent de fait le rôle de logements sociaux.

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15 victimes du trafic de drogue depuis le début de l'année

Enfin, le trafic de drogue a entraîné ces dernières semaines une accélération du nombre de règlements de comptes, avec des homicides par balles dans des cités. Le week-end des 21 et 22 août, quatre jours après la mort d'un adolescent de 14 ans près d'un point de vente de drogue, trois hommes ont été tués. Depuis le début de l'année, le nombre de victimes s'élève à 15. Selon le quotidien La Provence, il existerait dans la ville 156 "plans stups", soit "deux fois plus que des bureaux de poste". Les trafics génèreraient des sommes considérables, jusqu'à 80.000 euros par jour dans la cité des Oliviers, attisant les convoitises et des guerres de territoire, avec des victimes de plus en plus jeunes.

Dans un entretien accordé à l'AFP, Benoît Payan espère qu'avec l'État comme "partenaire", Marseille pourra être "au rendez-vous" et à la "hauteur". "Elle doit avoir un rôle dans le pays, en Méditerranée. Pour ce faire, il faut qu'elle se reconstruise, qu'elle se recouse, qu'elle se relève."

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