"Traitement inhumain et dégradant" de détenus âgés : le constat amer de la contrôleure des prisons

"Traitement inhumain et dégradant" de détenus âgés : le constat amer de la contrôleure des prisons

DÉTENTION - Dominique Simonnot, Contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL) dénonce de "graves atteintes aux droits fondamentaux des personnes incarcérées ", au sein d'un centre de détention à Bedenac (Charente-Maritime).

"Ce n'est pas un problème de vétusté mais d'abandon". Le constat de Dominique Simonnot est amer. La contrôleure générale des lieux de privation de liberté vient de dénoncer dans un rapport publié ce mardi, les condition de détention des personnes vieillissantes du centre de détention de Bedenac en Charente-Maritime. Une équipe de six contrôleurs de la CGLPL a observé les conditions de vie des détenus de l'unité de soutien et d'autonomie et mis au jour d'importants "dysfonctionnements".

"Des personnes âgées, lourdement handicapées et souffrant de pathologies graves, sont maintenues en détention au mépris de leur dignité et en violation de leur droit à l’accès aux soins", écrit-elle dans son rapport publié au Journal officiel.   

Dans cette unité spéciale, située situé à l'écart  du reste de la détention, résident une vingtaine de patients. Parmi-eux des détenus souffrant de démences ; de séquelles d’accidents vasculaires cérébraux et d’incontinence. "Des gens atteints de démence, incontinents, qui attendent l'aide médicale qui vient deux-trois fois par semaine et donc vivent le reste du temps dans leur pisse et leur merde, dans leur lit souillé. C'est horrible !", a déploré Dominique Simonnot au micro de France Inter ce mardi.

"Les autorités sanitaires n’ont pris aucune mesure d’adaptation de l’offre de soins"

La contrôleure dénonce le fait que cette unité spéciale ne dispose pas d’un nombre d’aides-soignants suffisant pour assurer l’aide à la toilette et la gestion de l’incontinence. Les équipes de la CGLPL ont analysé les plannings des soignants de l'établissement pénitentiaire . Ceux ci montrent que le centre de détention de Bedenac ne dispose que d’une seule infirmière pour l’ensemble des détenus ces derniers mois. 

Des conditions de travail difficiles pour les soignants qui alertent pourtant depuis quatre ans les autorités sanitaires. Le médecin généraliste de l’établissement a présenté sa démission quelques jours après le passage des contrôleurs. Il ne pouvait plus "accepter éthiquement" ces conditions de soins et d’hébergement de ses patients. 

"Les conditions d’hébergement portent atteintes à la sécurité des personnes détenues"

Selon Dominique Simmonnot, les conditions d’hébergement de l’unité de soutien et d’autonomie de la prison portent atteinte à la sécurité des personnes détenues. Les lits médicalisés ne peuvent être sortis de la cellule car ils sont trop larges. 

Le rapport dénonce également "le manque de barre d’appui dans les couloirs, les chambres et les sanitaires, les étagères trop hautes pour être utilisables depuis un fauteuil roulant et l’absence de bouton d’appel accessible en cas de chute ou depuis le lit de la personne détenue". Il réclame que les chambres répondent aux normes de sécurité exigées dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD). 

Olivier Véran et Eric Dupont-Moretti s’engagent à améliorer les prises en charge des détenus vieillissants

"Nous partageons pour l’essentiel votre analyse sur la question du vieillissement de la population carcérale. Soyez assurée que le ministère de la justice et le ministère des solidarités et de la santé ont pleinement conscience de cette réalité et se mobilisent pour améliorer la prise en charge des détenus vieillissants et pour faire respecter leurs droits fondamentaux", expliquent dans une lettre les deux ministres. 

Selon la Chancellerie, au 1er avril 2021, la France comptait 3321 personnes âgées de plus de 60 ans dans ses prisons soit 4,2% du total des  personnes détenues.

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