Traque des véhicules mal garés : vous nous avez raconté vos mauvaises expériences avec la fourrière

Traque des véhicules mal garés : vous nous avez raconté vos mauvaises expériences avec la fourrière

PRATIQUES DOUTEUSES - Ce mercredi dans Le Parisien, des élus Les Républicains dénoncent les dérives du système d'enlèvement de voitures et de mise en fourrière à Paris, confié à des sociétés privées. Alors que le marché est en passe d'être renouvelé pour 4 ans, metronews vous a demandé vos expériences, souvent mauvaises, en matière de fourrière. Elles sont nombreuses.

Sébastien vient d'acheter sa nouvelle voiture, 1 200 euros pour 50.000 km au compteur. Une "occase", assure-t-il. Sauf qu'il a déjà des petites rallonges budgétaires : pas plus tard que la semaine dernière, elle est partie à la fourrière. "C'était un dimanche, j'allais déjeuner chez ma mère, je me suis mis, j'avoue, sur une place livraison, d'où je pouvais la voir de la fenêtre. Je suis resté même pas une heure. Et quand je suis redescendu, elle n'était plus là." Bim, 150 euros à payer. Auxquels il faut ajouter l'amende de 35 euros, et les frais de garde, une vingtaine d'euros.

Jérémy, lui, s'est fait enlever sa voiture en Bretagne "parce qu'elle était est plus longue que les autres et que le pare-chocs arrière dépassait de 10 cm". "C'est une raison valable ?" interroge-t-il ; Géraldine, de son côté, est partie "sept minutes montre en main pour récupérer des papiers à l'hôpital". Ses deux roues arrières dépassaient un peu, mais bon. Pas de pitié, voiture enlevée. Céline, c'était pour "'cause de déménagement" : 150 euros de punition, elle aussi, pour les frais d'enlèvement. 

"La seule politique qui règne, c'est l'abattage"

Bref, nous avons reçu de nombreuses réponses à notre appel à témoignages sur les mises en fourrière lancé sur Facebook . Elles touchent tout le monde, partout. Et soulèvent, souvent, un sentiment d'indignation. Car oui, la fourrière - qui à ses origines était destinée à enlever les véhicules abandonnés - , a aujourd'hui pour mission de "retirer celles gênant la circulation", comme le précise la préfecture de police de Paris sur son site. Mais n'y-a-t-il pas un peu de zèle ? Ce mercredi dans le Parisien , des élus Républicains s'indignent des dérives du système.  "La seule politique en la matière, c'est celle de l'abattage (...) On ne ramasse pas celles qui gênent vraiment mais celles qui rapportent de l'argent vite", dénonce Philippe Goujon, maire du 15e.

En effet à Paris, comme dans la plupart des autres villes de France, les enlèvements de voitures et mises en fourrière sont gérés par des sociétés privées, sous contrat avec la préfecture de police (à Paris) ou la mairie (en province). A Paris, trois sociétés se partagent le marché, et ont une belle productivité : 250.000 enlèvements sont effectués chaque année. Un toutes les deux minutes. Et si elles sont si motivées, c'est aussi que ces sociétés sont payées au nombre de véhicules enlevés : 40 euros par voiture, 30 par deux-roues.

"On déconseille aux amis de venir se garer en moto"


Romain, qui habite dans le quartier Montorgueil, nous raconte être "tous les jours témoin d’enlèvements de masse" : "Il y a une police de quartier, avec des pratiques scandaleuses, notamment sur les véhicules professionnels et les motos", détaille-t-il. "Cela a aussi des répercussions néfastes pour les riverains : on déconseille aux amis de venir se garer en moto, à la famille de venir même le week-end…" D'autant que les "grutiers" sont parfois un peu léger sur le respect du code de la route. Comme nous le signale un internaute, avec cette photo.


Il affirme avoir pris le cliché à l'arrêt Guy-Môquet, dans le 17e, 18e, autre quartier efficacement ciblé : "Les camions fourrières sont très présents dans le coin, on les voit beaucoup sur l'avenue de Saint-Ouen, sur l'avenue de Clichy, à cause de la fourrière à proximité, porte Pouchet", nous explique l'internaute. Et pour avoir bien observé les trajet de ces petits 4X4 rapides et maniables, il est formel :"Certains d'entre eux ont une notion du code de la route qui leur est propre : refus de priorité aux piétons sur les passages cloutés, passage au feu rouge, passer la ligne continue pour ramasser une voiture dans l'autre sens sans faire demi-tour…."

D'autres internautes vont jusqu'à évoquer "une mafia", tant les agents de police qui verbalisent et les dépanneuses sont parfois synchronisés selon eux. "Dans le 19e, les dépanneuses attendent, pas loin de l'antenne de police, avenue Jean-Jaurès, en stationnant sur des trottoirs ou anarchiquement en attendant la sortie des agents et les suivent jusqu'au lieu de verbalisation ", raconte ainsi Benjamin. Lucile, elle, qui a travaillé tout un été sur les Champs-Elysées, pointe un détail "marrant", auquel fait aussi allusion l'article du Parisien : le fait que certains grutiers font croire à l'automobiliste que son véhicule peut être redescendu s'il paie en liquide. "J'en ai vu des véhicules enlevés. Ce qui est marrant, c'est que les personnes qui n'avaient pas d'argent à donner tout de suite voyaient leur voiture enlevée, contrairement à d'autres, dont le véhicule ne bougeait pas." 

Dans Le Parisien, les élus LR réitèrent une demande formulée depuis déjà quelques années, celle de rendre publique les fourrières, ce qui permettrait un meilleur contrôle. Mais à Paris, rien ne devrait changer pour l'instant. Le marché est en passe d'être renouvelé pour quatre ans, et les noms des sociétés retenues sont connus d'ici quelques jours. 

A LIRE AUSSI >> Le boom des mises en fourrière à Marseille

>> Y-a-t-il eu favoritisme dans l'octroi du marché des fourrières à Nantes ?

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