Traumatisés, manipulés, violents : qui sont les enfants français de Daech ?

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SEPT A HUIT – Alors que l’organisation État islamique recule dans ses fiefs en Syrie et en Irak, Paris cherche des solutions pour le retour des enfants partis combattre dans les rangs du groupe terroriste.

À l’école, les enfants du groupe État islamique récitent le Coran, parlent arabe et apprennent le maniement des armes lourdes comme des Kalachnikovs. Elevés dans la brutalité d'adultes fanatisés, ces "guerriers" d’à peine 12 ans rêvent de mourir en martyr. Une journée type loin, très loin, de l’insouciance des cours de récréation.


La jeunesse est un enjeu vital pour le groupe terroriste qui consacre des centaines de vidéos de propagande morbide. Images soignées, aseptisées et montage cinéma, sur l’un des clips insoutenables, deux gamins tireurs vêtus de kamis noirs exécutent deux otages présentés comme des combattants kurdes. "Je dis à la France que nous allons vous tuer comme vous avez tué nos frères en terre de Califat", scande l’un d’entre eux.

Lavage de cerveau

Un lavage de cerveau efficace puisqu’à seulement dix ans, certains enfants deviennent de vrais combattants. "On est des moujahid, on est en Syrie, c’est la guerre ici", explique un jeune garçon habitant à Raqqa dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. Il a quitté la France en 2013 avec son père et ses huit frères et sœurs dont quatre seraient morts aux combats. 


Comme lui, 400 enfants français seraient actuellement présents en Syrie et en Irak selon les services de renseignements. D'autres, nombreux également, seraient déja de retour en France, avec ou sans leurs parents. 

Bourreau ou victime ? Comment prendre en charge les enfants meurtriers de huit et douze ans ? Pour l’heure, l’aide sociale à l’enfance place les enfants en famille d’accueil car leurs parents sont mis en détention provisoire. Le tribunal d’enfant de Bobigny prend ensuite le relais pour évaluer les traumatismes et surtout identifier ceux qui sont nés en Syrie.


Dans les prochains mois, un programme devrait être mis en place pour assurer le suivi des enfants. Car pour Éric Sandlarz, psychologue, il y a urgence. "Il vaudrait mieux prendre soin d’eux avant qu’il rentre dans la puberté, si on ne s’occupe pas impérativement et rapidement de cet enfant de huit ans, c’est une bombe à retardement", explique l’expert. 

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L'offensive contre Raqqa, la capitale de l'État Islamique, a commencé

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