Tremblay : un restaurateur met deux femmes voilées dehors avant de s'excuser

SOCIÉTÉ

Toute L'info sur

La polémique autour du burkini

TENSIONS - Une vidéo postée sur les réseaux sociaux fait bondir les internautes. Deux femmes voilées y sont prises à partie par le chef d'un restaurant à Tremblay-en-France, qui refuse de les servir. La Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l'antisémitisme (DILCRA) a été saisie.

Face à l'ampleur de la polémique, il a tenu à présenter ses excuses. Un restaurateur de Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis) a été filmé en pleine altercation avec deux femmes voilées, qu'il a refusé de servir à sa table. Une scène filmée samedi par l'une des femmes prises à partie.


"On ne veut pas être servies par des racistes", explique l'une des deux femmes, au tout début de la vidéo, alors que son amie essaie de calmer le jeu. Mais le restaurateur réplique aussitôt : "Les racistes, ils tuent pas les gens !" "Parce qu'on a mis des bombes, monsieur?" interroge l'une des femmes, la voix posée.

"Tous les musulmans sont terroristes"

L'homme, lui, perd son calme. "Madame, les terroristes sont musulmans et tous les musulmans sont terroristes. Cette phrase-là veut tout dire. Analysez-là et puis voilà", s'emporte-t-il. "Je suis dans un pays laïc et j'ai le droit d'avoir une opinion" se justifie-t-il, avant de leur demander de quitter les lieux: "les gens comme vous, j'en veux pas chez moi. Voilà, ça a le mérite d'être clair".


Avant que la caméra ne soit coupée, on peut entendre l'une des deux jeunes femmes, des larmes dans la voix, dire que la police est en route. Une intervention que le commissariat de Villepinte, contacté par L'Express, a confirmée ce dimanche.

Colère des internautes

Postée sur Internet, la vidéo a été reprise par un site communautaire, Islam&Info, et abondamment relayée sur les réseaux sociaux, suscitant la colère de nombres d'internautes, mais aussi les vivats de quelques identitaires.



Sur Facebook, le Comité contre l’islamophobie en France (CCIF) a indiqué avoir été saisi par les deux femmes. Appelant à ne pas "intervenir sur place", Marwan Mahammad, le directeur du CCIF, a appelé à "ruiner la réputation de ce restaurant sur tous les espaces en ligne". Un appel qui semble avoir été entendu, à en juger à la teneur des commentaires sur Google Maps.

Le restaurateur s'excuse

Ce dimanche après-midi, en revanche, une foule de jeunes gens s'est massée devant le restaurant. Dans un échange vraisemblablement tendu, le patron du Cénacle a présenté ses "excuses". Il a expliqué avoir "dérapé compte tenu du contexte actuel de tensions autour de la question du burkini mais aussi parce qu’il avait un 'ami qui est mort au Bataclan'", rapporte un journaliste du Parisien.

Des excuses qui ont fait leur chemin jusque sur le plateau de BFM TV, où était invité le président intérimaire des Républicains Laurent Wauquiez, dimanche 28 août. Ce dernier, interrogé sur le sujet, n'a pas voulu enfoncer le restaurateur. "Sauf à ce que je me trompe", a-t-il commencé, "il s'est exprimé en disant qu'il présentait ses excuses. [...] C'est à son honneur. Ces paroles sont indignes, il les a corrigées, tant mieux".

Mais tous les politiques n'ont pas eu cette indulgence. En fin d'après-midi, la ministre de la Famille, de l’Enfance et des Droits des femmes, a condamné sur Twitter "un comportement intolérable", précisant qu’elle avait saisi la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme (Dilcra).


Lire aussi

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter