Triple meurtre de Belfort : le suspect mû par une "irrépressible pulsion de mort"

Triple meurtre de Belfort : le suspect mû par une "irrépressible pulsion de mort"

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FAIT DIVERS – Un homme de 43 ans a abattu son ex-compagne, un ami d'enfance et un voisin psychiatre jeudi soir à Belfort. Selon les premiers éléments de l'enquête, le suspect, qui s'est livré de lui-même à la police, a été mû par une "irrépressible pulsion de mort" et une "jalousie aiguë".

Une "irrépressible pulsion de mort" combinée à une "jalousie aiguë" expliqueraient le geste du quadragénaire. Un homme de 43 ans a abattu son ex-compagne , un ami d'enfance ainsi qu'un voisin psychiatre, jeudi soir à Belfort (Territoire de Belfort), avant de se livrer de lui-même à la police, selon les premiers éléments de l'enquête. Le meurtrier présumé - qui n'avait ni antécédent psychiatrique, ni mention à son casier judiciaire - s'est rendu à la police, sur les conseils de sa mère qu'il a contactée après les crimes, a précisé, vendredi, lors d'une conférence de presse, le procureur de Belfort, Alexandre Chevrier.

L'équipée meurtrière du suspect a commencé jeudi vers 19h00, lorsqu'il s'est rendu au domicile de son ex-compagne, âgée de 37 ans, dans un immeuble proche de la gare de Belfort. L'homme, qui présente des "traits de psychopathie, c'est-à-dire d'impulsivité et d'instabilité" et "un sentiment très aigu de jalousie", n'a pas accepté leur récente séparation, qui remonte à quelques semaines, selon le magistrat.

La jeune femme étant absente, son ex-compagnon l'a attendue, un pistolet dans la poche. Lorsqu'elle est arrivée, "il l'a suivie à l'intérieur de son immeuble, et sur le palier. Une brève altercation a éclaté, il lui a porté un coup de poing au visage", a raconté le procureur. Un médecin psychiatre, situé sur le même palier, est alors sorti de son cabinet. "Après un bref échange verbal, l'auteur présumé a sorti un pistolet de calibre 9 mm. Avant de tirer à plusieurs reprises sur les deux personnes.

"Au mauvais moment au mauvais endroit"

Le procureur a démenti la thèse, avancée auparavant par une source policière, selon laquelle le médecin de 46 ans aurait été tué après avoir refusé de recevoir en consultation d'urgence le meurtrier présumé. "Il est possible qu'il ait été victime d'un malheureux hasard, en étant présent au mauvais moment au mauvais endroit", a estimé le procureur.

Après ce double meurtre, l'homme a pris sa voiture et parcouru 3,5 km pour se rendre chez un ami d'enfance. "Devant la porte de sa maison il l'a abattu de plusieurs coups de feu, à bout portant", a décrit le procureur, précisant qu'à ce stade de l'enquête, rien ne permettait de faire le lien entre ce troisième meurtre et la jalousie du suspect. Selon des témoignages, le meurtrier présumé et son ami d'enfance sont tous les deux marchands de biens à Belfort, décrits comme des "flambeurs".

L'homme avait été convoqué au tribunal le 4 février prochain, "pour des faits de menaces et de violences légères sur son ancienne compagne, qui avait néanmoins retiré sa plainte", selon le procureur. Le suspect devrait être mis en examen pour "homicide aggravé", samedi, à l'issue de sa garde à vue. Le fait qu'il ait attendu son ex-compagne avec une arme dans la poche - qu'il détenait d'ailleurs de manière illégale - pourrait conduire la justice à retenir contre lui la préméditation, ce qui lui ferait encourir la perpétuité. Etienne Butzbach, maire socialiste de Belfort, a de son côté conclu : "l'important pour la population, c'est de savoir que le meurtrier s'est rendu".

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