Troisième plan cancer : à quoi ont servi les deux précédents ?

Troisième plan cancer : à quoi ont servi les deux précédents ?

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SANTÉ – François Hollande dévoile mardi le troisième plan cancer. Avant lui, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy ont chacun lancé leur programme de lutte contre la maladie, avec leurs réussites et leurs échecs.

Jacques Chirac en avait fait une priorité nationale. Onze ans après le lancement du premier plan cancer, François Hollande dévoilera mardi les grands axes du troisième programme national de lutte contre ce fléau, qui tue chaque année 150.000 personnes en France. Cette fois, l'accent doit notamment être mis sur "les inégalités sociales et territoriales" face à la maladie. Pour quels résultats ? Réponse dans quatre ans, en 2018, quand le plan version Hollande prendra fin. En attendant, on peut juger ceux obtenus par ses prédécesseurs.

Le volontarisme de Chirac

Le premier plan (2003-2007), mis sur pied lors du second mandat de Jacques Chirac, a été salué comme plutôt positif, en particulier pour les progrès accomplis dans la prévention du tabagisme. Il faut dire que c'est durant cette période qu'a été prise l'interdiction de fumer dans tous les lieux publics, effective le 1er février 2007. Et que les augmentations fortes et répétées du prix du tabac ont contribué à réduire le nombre de fumeurs de manière spectaculaire (on parlait de 1,4 millions de fumeurs en moins en 2006). Des avancées ont par exemple également été réalisées en matière de dépistage, du cancer du sein notamment.

En 2008, la Cour des Comptes avait toutefois dressé un bilan mitigé de ce premier plan, doté d'un financement de 640 millions d'euros. Selon elle, un tiers des 70 mesures initialement prévues avait alors effectivement été réalisé, un autre tiers ne l'étant que "modérément ou inégalement". Si ce grand chantier présidentiel a eu "incontestablement un caractère novateur", il souffre de "carences" et de "défaillances", pouvait-on lire dans le rapport, qui soulignait notamment celles concernant la prévention des cancers professionnels ou liés à l'alcool.

Le tabac, point noir de Sarkozy

Des objectifs, le plan lancé en 2009 par Nicolas Sarkozy, doté de "près de 750 millions d'euros de dépenses nouvelles", s'en fixait encore plus : 118 mesures étaient prévues pour cette deuxième phase. En août dernier, la Direction générale de la Santé avait indiqué que 60% d'entre elles avaient été déjà réalisées ou le seraient d'ici la fin de cette année. Des avancées à noter donc, en particulier en matière d'amélioration de la qualité et la sécurité des soins, ou d'accès à la la médecine personnalisée (c'est-à-dire le traitement du patient en fonction des caractéristiques génétiques de sa tumeur).

En revanche, la France est restée encore trop sous-équipée en IRM, et surtout la lutte contre le tabagisme a fait figure de gros point noir : le nombre de fumeurs a augmenté de 2% entre 2009 et 2013. François Hollande est particulièrement attendu par les associations sur ce points.

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