Tuerie de Chevaline : le suspect, un ancien policier municipal "remercié pour faute"

Tuerie de Chevaline : le suspect, un ancien policier municipal "remercié pour faute"

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ENQUETE - Un an et demi après les faits, un suspect a été placé en garde à vue mardi dans l'enquête sur le quadruple meurtre de Chevaline. Il s'agirait d'un ancien policier municipal, éconduit pour faute en juin 2013 et à la personnalité marginale. Explications.

Un an et demi après les faits, la tuerie de Chevaline revient sur le devant de la scène. Un suspect, un homme de 48 ans vivant en Haute-Savoie, a été interpellé mardi matin et placé en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur le quadruple meurtre de la famille al-Hilli, en septembre 2012. Un rebondissement de taille : après 18 mois d'enquête, cette arrestation - la première en France - relance la piste d'un tueur local, alors que la justice a longtemps planché sur celle d'un conflit familial, sur fond d'héritage disputé entre deux frères. Sa garde à vue pourrait se poursuivre durant 96 heures, l'information judiciaire étant ouverte pour "meurtres en bande organisée".

"Cette interpellation est le fruit des témoignages recueillis après la diffusion, le 4 novembre 2013, du portrait-robot d'un motard vu à proximité de la scène de crime et recherché activement par les enquêteurs", a expliqué le procureur de la République d'Annecy, Eric Maillaud. Un portrait-robot décisif : une centaine d'appels ont permis de resserrer l'étau autour d'un personnage à la personnalité trouble : il s'agit d'un ancien policier municipal de la commune de Menthon-Saint-Bernard qui aurait été "remercié pour faute" en octobre 2013, vraisemblablement parce qu'il utilisait la carte d'essence de son véhicule de fonction pour son usage personnel. Contraint de quitter le logement mis à sa disposition par la municipalité, il se serait alors installé à quelques kilomètres de là, et aurait retrouvé une activité en tant qu'"agent de sécurité à Genève".

Le sol d'un jardin sondé par les enquêteurs

Selon une source proche de l'enquête jointe par metronews, l'homme ne serait pas connu des services de police mais "connaissait très bien les lieux du crime". Le jour du drame, le téléphone de cet homme, marié et père de trois enfants, aurait d'ailleurs été localisé dans la zone de la tuerie. Certains enquêteurs le décrivent comme une personne isolée au caractère renfermé, "un peu rustre", "amateur d'armes à feu" et "chasseur à ses heures perdues". Sa garde à vue avait en partie pour but d'obtenir une perquisition à son domicile, a indiqué le procureur.

Une perquisition a ainsi été menée dans sa maison de Talloires ainsi que dans d'autres lieux autour de Lathuile et Doussard, où l'homme détient des biens immobiliers destinés à la location. Dans le jardin de Talloires, les gendarmes ont été aperçus pelles à la main, creusant le sol autour d'un bosquet d'arbres. Pour, peut-être, exhumer les secrets d'une affaire au point mort depuis des mois ? Jusqu'à présent, une seule personne avait en effet été arrêtée, au Royaume-Uni : Zaïd al-Hilli, le frère de Saad, interpellé le 24 juin 2013, soupçonné de "complot pour commettre un meurtre". Il a été remis en liberté provisoire et conditionnelle dès le lendemain. Son contrôle judiciaire a été levé à la mi-janvier.

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