Twitter : #Safedanslarue, quand les femmes témoignent de l'insécurité la nuit

Twitter : #Safedanslarue, quand les femmes témoignent de l'insécurité la nuit

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RESEAUX SOCIAUX - Des centaines de jeunes femmes témoignent sur Twitter leur sentiment d'insécurité, la nuit, dans la rue. Tout est parti d'un tweet posté mardi par une blogueuse féministe.

Certaines ont toujours leur "bombe lacrymo dans la poche la nuit". D'autres préfèrent se balader avec "un couteau et un sifflet : l'un pour me défendre, l'autre appeler à l'aide". Depuis mardi, elles sont des centaines à témoigner sur Twitter leur sentiment d'insécurité dans les rues, la nuit. Le sujet s'est répandu comme une traînée de poudre sur le réseau social, le hashtag # Safedanslarue se hissant parmi les sujets les plus commentés ("trending topics").

Tout est parti d'une liste de commandements publiés mardi par Crêpe Georgette sur Twitter. Objectif affiché par cette blogueuse féministe : lutter contre le sexisme grâce à 22 solutions. L'une d'entre elles va très vite attirer l'attention de ses abonnés. "Dans la rue la nuit si une femme est seule, je la dépasse vite en me mettant sur le trottoir d'en face pour montrer que tout est safe." Les twittos s'en emparent et, en quelques heures, le hashtag #Safedanslarue est lancé.

"Si je peux crever un œil sur un coup de bol …"

Certains témoignages se transforment parfois en trucs et astuces en cas d'agression. "Pour être #safedanslarue, je porte rarement des talons, au cas où je serais obligée de courir. Et ça me fait bien chier parce que j'adore ça", lâche @maellevie , quand @LawraProut assure : "Pour être #safedanslarue je me suis payé une lacrymo, un kubotan et des cours de kravmaga. Si je peux crever un œil sur un coup de bol …" Des messages parfois humoristiques, toujours empreints d'une certaine gravité. Chez d'autres, l'inquiétude est plus palpable : "Je marche vite, me fais toute petite et regarde droit devant moi, mon parapluie à la main pour être prête à taper avec", assure @Mibuulle . D'autres confient "ne mettre qu'un écouteur pour entendre ce qu'il se passe".

Passé l'effet de surprise, de nombreux hommes semblent partager ce sentiment. Comme @OlivierCyran qui raconte avoir "vu une femme l'autre soir qui marchait en plein milieu de l'avenue, entre les voitures, pour éviter d'emprunter le trottoir." D'autres ne sont "Pas surpris. Quand tu rentres tard, seul et que tu croises une femme, seule, tu sens souvent la peur." Des messages qui ne surprennent pas Crêpe Georgette. Sur son site , la féministe s'explique ce mercredi : "Les femmes sont éduquées dans la peur ; cela ne veut pas dire que toutes ont peur mais que toutes subissent des injonctions à avoir peur, injonctions qui sont pour la plupart irrationnelles."

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