Un an après son vibrant appel pour retrouver sa mère biologique, Julien, né sous X, donne des nouvelles

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CHAPITRE 2 – Il y a un an, Julien Chaumet, un jeune Toulousain né sous X, lançait un vibrant appel sur Facebook pour retrouver sa mère biologique. Sa lettre avait été partagée 100.000 fois, fait le tour du web. Un an après, où en est-il ? Il donne des nouvelles.

C’était il y a un an, déjà. Son cri du cœur, une lettre postée à sa mère, une "bouteille à la mère", avait fait le tour du web. Julien Chaumet, 26 ans, né sous X, lançait un vibrant appel pour retrouver sa mère biologique.

Son appel, partagé plus de 100.000 fois, avait voyagé d’un bout à l’autre du monde : Etats-Unis, Canada, Pérou, Rwanda...  Il avait aussitôt déclenché des vagues de sympathies, d’encouragements, et surtout des milliers de messages. Et, sans doute dans le tas, des témoignages, des pistes pour retrouver sa mère. Le raz-de-marée passé, Julien avait préféré garder cela pour lui. Vivre sa quête en cercle restreint, avec ses proches.

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Je n'ai eu aucune nouvelle. Aucune piste.- Julien Chaumet

"Hier j’ai sauté dans le vide", avait commencé Julien à l’époque. Sauté, en commençant des recherches pour retrouver sa mère, "pour mettre enfin un visage sur cet immense point d’interrogation". Car si le jeune homme a une famille "qui m’aime d’un amour inconditionnel", il racontait avoir un "gouffre" en face de lui. Un trou noir. Avec des indices bien maigrelets pour l’éclaircir. "Tu as accouché de moi à Bordeaux, à l’hôpital Pellegrin. Dans mon dossier, il est écrit que tu mesurais environ 1, 57 mètres, que tu étais algérienne, kabyle probablement, avec des traits maghrébins très prononcés presque négroïdes. Tu avais environ19 ans et apparemment cela ne faisait pas longtemps que tu venais d’arriver en France. Mon père avait environ 21 ans, était veilleur de nuit en grandes surfaces à ce moment-là, et était brésilien. C’est tout ce que je possède." 

Un an après donc, le 17 juillet, Julien Chaumet a redonné des nouvelles. Il l’a fait comme la première foiss sur sa page Facebook, et à travers une nouvelle longue lettre publiée sur sa page. "Un an après, vous êtes toujours aussi nombreux à vous demander quels ont été les résultats", écrit-il. "Et c’est bien simple, je n’ai eu aucune nouvelle. Aucune piste. Aucun signe. Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir essayé."

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Une seule piste à approfondir

En un an, Julien n’a eu qu’une seule piste qui méritait d’être "approfondie". Et qui s’est vite révélée elle aussi fermée. "En la creusant, j’ai appris que la personne que je recherchais était décédée à Toulouse, en 2011", écrit Julien. Ironie du sort, il s’est installé à Toulouse cette même année. Ce qui le fait cogiter. "C’est jusqu’à aujourd’hui la seule ville où j’ai réussi à me stabiliser. Je m’y sens apaisé." Il a envie d’y croire, donc. Que cette personne était sa mère. Et en même temps, absolument pas. "Je refuse pour l’instant de m’avouer que cette piste pourrait être la bonne. Et puis il y a quelques éléments qui ne collent pas", dit-il. "Je sens au fond de moi que tu es là quelque part, et en vie. Alors je continuerai cette quête vers toi. Mais aussi certainement vers moi."

Parce que s’il s’est lancé aussi éperdument dans cette quête, c’est parce qu’il sent qu’il lui manque quelque chose, pour se construire et avancer : savoir d’où il vient.  "Mes parents m’ont aimé comme on aime leur enfant. Il m’arrive même parfois d’oublier que le sang ne me lie pas à eux", précise-t-il. "28 ans avec eux, tu parles ! J’ai tout d’eux ! Parfois je me surprends même à nous trouver des ressemblances physiques !" Mais dès qu’il se trouve "seul avec [lui]-même", c’est l’enfer. "Je me retrouve absolument esseulé au volant d’un cœur qui n’en fait qu’à sa tête. Tout est difficile et compliqué."  Parce que chaque jour, tout le ramène à ce trou noir, des mots, des remarques : "L'autre jour, j’avais rendez-vous chez un dermatologue. Première question : est-ce que votre père ou votre mère ont déjà eu des problèmes de peau ?' Chez le coiffeur : 'C'est votre père qui se dégarnit sur le devant comme ça ?'  Les autres trouveront ca peut être ridicule, mais c’est mon quotidien."

Impossible d’oublier, le boomerang revient toujours. Il l’écrit : "C’est un peu comme si tu m’avais livré sur Terre mais sans le mode d’emploi. Je n’ose même pas m’imaginer une rencontre. Simplement une photo, un visage, une lettre, un appel un jour, 'peut-être...'" La longue lettre de Julien Chaumet commence à voyager. Elle a pour l’instant été partagée près de 1000 fois. Une nouvelle quête commence.

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