Un an de prison avec sursis pour Jean Mercier : "On devrait avoir le droit de mourir quand on n'en peut plus"

Un an de prison avec sursis pour Jean Mercier : "On devrait avoir le droit de mourir quand on n'en peut plus"

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EUTHANASIE – Le tribunal correctionnel de Saint-Etienne (Loire) a condamné ce mardi Jean Mercier à un an de prison avec sursis pour avoir aidé sa femme à mourir. Après le verdict, il s'est confié à LCI. Son avocat annonce qu'il fera appel de cette décision.

Pour avoir aidé sa femme à mourir, l'avocat général avait requis contre Jean Mercier une peine minimum de trois ans de prison avec sursis. A 87 ans, il a été condamné ce mardi 27 octobre par le tribunal correctionnel de Saint Etienne à un an de prison avec sursis pour "non assistance à personne en danger".


Un jour de novembre 2011, Jean Mercier apporte les médicaments et le verre d'eau à son épouse, Josanne, très malade et profondément déprimée. Elle le supplie de l'aider à se suicider, Jean s'exécute. Depuis, le tourbillon judiciaire ne lui laisse que peu de répit, sur fond de débat national sur l'euthanasie et le droit à mourir dans la dignité.


"Si vous pensez que je suis coupable..."


Atteint de la maladie de Parkinson, Jean Mercier ne s'est pas déplacé au tribunal pour recevoir son verdict. Depuis chez lui, il répond aux questions de LCI : "Un an de prison avec sursis ? Je m'en fiche éperdument. Tout ce que je souhaite, c'est qu'on parle davantage du droit à mourir dignement. On devrait avoir le droit de mourir quand on n'en peut plus." Et il ajoute, plus que jamais déterminé : " Ma fin de vie à moi, elle sera dédiée à cette cause-là."


A la veille de son procès, au mois de septembre, Jean Mercier confiait à LCI : "Si les juges pensent que je suis coupable, que j’ai commis un acte méprisable, qu’ils me condamnent à une peine sans sursis." Une requête en forme d’ultime provocation de la part de cet octogénaire, qui n’a pas été écoutée par les juges. Contacté par LCI, son avocat, Mickaël Boulay, annonce qu'il fera appel de cette décision. "Les juges ont dépassé le dossier Mercier pour couper court au suicide assisté en France", déplore-t-il.


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