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TERRORISME - Manuel Valls présente lundi un nouveau plan contre le terrorisme et laradicalisation, qui regroupe des mesures déjà connues et des dispositifs nouveaux, afin notamment de doubler les capacités de prise en charge de jeunes susceptibles de basculer dans le djihadisme.

"80 mesures, dont 50 nouvelles". A l'issue d'un comité interministériel à Paris, le Premier ministre Manuel Valls a dévoilé lundi en fin de matinée, un nouveau plan contre le terrorisme et la radicalisation. "La lutte contre le djihadisme est sans doute le grand défi de notre génération", a affirmé le Premier ministre. Metronews fait le point sur ce qui est annoncé.

► Quel type de mesures ont été annoncées ?

> Un centre de réinsertion pour "personnes radicalisées" ou susceptibles de basculer dans le djihadisme va être créé dans "chaque région" d'ici fin 2017. Le premier sera mis en place cet été. Les premiers accueillis "pourront être des repentis dont nous éprouverons la sincérité et la volonté de réinsertion dans la durée", précise Manuel Valls.

> Afin de mieux coordonner la création et le fonctionnement de ces structures, une "cellule nationale de coordination et d'appui" à l'action des préfets, des départements et des associations va être créée au sein du Comité interministériel de prévention de la délinquance, qui verra ses effectifs renforcés. L'idée est de renforcer les structures déjà chargées de cette "déradicalisation", qui sont récentes, et encore "souvent fragiles". 

> Les enquêtes administratives visant à passer au crible les personnes occupant des postes sensibles au sein des professions réglementées vont également être multipliées, avec des contrôles "à périodicité resserrée". Ce criblage sera par ailleurs "étendu au dispositif de préparation des grands évènements", alors que l'Euro 2016 de football commence début juin en France.

> L'exécutif compte également "construire de puissants contre-discours" pour "contrecarrer la propagande jihadiste et salafiste et casser cette entreprise d'embrigadement à grande échelle".

> L'une des mesures vise la mise en place d'un "conseil scientifique permanent" sur la radicalisation et le terrorisme, qui pourrait coordonner un réseau de recherche et renforcer les liens entre chercheurs et fonctionnaires de l'antiterrorisme.

> Le fichier dit PNR ("Passenger Name Record"), registre européen des données des passagers aériens, "entrera progressivement en vigueur" cet été. "Ce sera le premier PNR mis en oeuvre en Europe continentale", s'est félicité Manuel Valls

 Pourquoi ce nouveau plan ?
En fait, ce plan regroupe des mesures déjà connues et annoncées et des dispositifs nouveaux. S'il prévoit des mesures sécuritaires, une des grandes idées est de doubler les capacités de prises en charge de jeunes susceptibles de basculer dans le djihadisme. "Le plus gros volet concerne la prise en charge des personnes radicalisées et la politique de déradicalisation", déclare l'entourage de Manuel Valls. "L'objectif est de doubler, en deux ans, la capacité de prise en charge, alors qu'aujourd'hui 1 600 jeunes et 800 familles bénéficient, sur la base d'un volontariat, d'un suivi".

► Quelle ampleur pour ce plan ?
Le fonds interministériel de prévention de la délinquance, déjà abondé de 20 millions d'euros supplémentaires en 2015 pour la lutte antiterroriste, recevra 20 millions de plus par an en 2016-2017. "Face à un phénomène d'ampleur, qui concerne aujourd'hui plus de 2 000 personnes identifiées dans les filières syro-irakiennes et près de 9.300 personnes signalées pour radicalisation", Matignon revendique une "approche la plus transversale possible" qui n'est "pas uniquement dans le champ sécuritaire". Douze ministres (Intérieur, Justice, Education, Culture, Ville...) participent à la réunion de lundi.

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