Un dentiste sur trois refuse de soigner les patients séropositifs

Un dentiste sur trois refuse de soigner les patients séropositifs

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ENQUÊTE - Aides révèle jeudi les résultats d'un testing téléphonique réalisé auprès de dentistes et gynécologues. L'association de lutte contre le Sida a constaté des attitudes discriminatoires particulièrement répandues chez les premiers : le tiers d'entre eux a refusé de recevoir le patient porteur du VIH pour un simple détartrage.

En 2013, un dentiste de La Rochelle avait écopé d'un blâme de son Conseil de l'Ordre pour avoir refusé de soigner un patient séropositif. Ce cas de discrimination serait loin d'être isolé à la lecture des résultats du testing mené par Aides auprès de 440 dentistes, ainsi que de 116 gynécologues, tirés au sort dans 20 villes de France.

Pour cette enquête publiée jeudi, et dont Le Parisien et Europe 1 révèlent la teneur, les militants de l'association ont téléphoné aux praticiens pour prendre rendez-vous pour un simple détartrage ou un frottis, en ne disant pas, puis en précisant lors d'un second appel, qu'ils étaient séropositifs. Chez les gynécologues, peu de fins de non-recevoir : deux refus de soins directement liés au VIH ont été recensés, et seuls 4,3% des appelés ont cherché des prétextes pour éloigner le demandeur de leur cabinet.

34% des dentistes contactés dans l'illégalité

Mais du côté des dentistes, la discrimination règne : ils sont 3,6% à avoir purement et simplement éconduit le patient à cause du VIH (après lui avoir donné un rendez-vous lorsque celui-ci avait n'avait pas précisé sa séropositivité lors d'un premier appel). Surtout, 30% de refus déguisés ont été constatés, les praticiens proposant des horaires contraignants, annonçant des dépassements d'honoraires ou encore orientant le patient vers un service hospitalier ou un autre cabinet.

Pourtant, comme le rappelle Le Parisien, ces refus de soins sont illégaux puisque le Code de la santé publique proscrit toute discrimination. Mais dans les faits, les sanctions se limitent au blâme évoqué plus haut. Pour faire évoluer les mentalités de ces praticiens, le président de Aides réclame que ces testings deviennent une preuve légale d'une attitude discriminatoire.

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