Un menu 100 % écolo pour le réveillon du 31 décembre ? C'est possible

Un menu 100 % écolo pour le réveillon du 31 décembre ? C'est possible
SOCIÉTÉ

CO2 - Limiter le transport, le gaspillage... l'Agence de l'Environnement (ADEME) promeut pour les fêtes des menus "responsables". Une manière de nous rappeler que l’alimentation représente 25 % des émissions de gaz à effet de serre en France. Explications.

A priori, l'idée peut laisser perplexe : un repas "éco-responsable" pour le révéillon du 31 ? Pourtant, entre l'agriculture souvent intensive, le transport des denrées, la facture énergétique de leur transformation ou encore le gaspillage, le contenu de nos assiettes représente jusqu'à un quart des émissions de CO2 en France. L'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME), en collaboration avec l'association Bon pour le climat, profite donc des banquets de fin d'année pour nous rappeler les bons gestes. L'instance publique les résume en trois points : utiliser des produits locaux et de saison, privilégier la viande de qualité et le végétal et jouer sur les portions et la conservation pour éviter le gâchis. Avec ces pratiques simples, on doit pouvoir diviser par trois son empreinte énergétique alimentaire. En effet, rappelle l'instance publique, un menu "classique" complet (entrée, plat et dessert) représente en moyenne 2,5 kg de CO2 par convive, contre 718 grammes de CO2 par couvert pour un repas "responsable". Soit... trois fois plus. 

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Concrètement, comme l'explique le guide pratique Mes courses pour la planète, cela revient à bien choisir ses produits :  

LA VIANDE. Elle pèse tout spécialement lourd en gaz à effet de serre (GES) : avant d’arriver dans notre assiette il a fallu nourrir les animaux, or la production des aliments du bétail utilise des engrais azotés, responsables des émissions de N2O. Bon à savoir, il faut 7 kilos de céréales pour produire 1 kilo de bœuf, contre seulement 2 kilos de grains pour un kilo poulet. De plus, les ruminants (vaches, chèvres et moutons) rejettent du méthane : 15 à 20 % des émissions mondiales de ce gaz polluant sont liées à l’élevage de ces animaux ! 

A privilégier : toutes les volailles, à la condition qu'elles proviennent de l'Hexagone a minima

LES LÉGUMES consommés en dehors de leur saison et loin de leur lieu de production émettent plus de GES que les produits de saison cultivés en pleine terre, à cause de l’énergie qu’il a fallu pour chauffer les serres ou de la facture énergétique du transport - souvent international – des denrées. Le transport des produits alimentaires sur des milliers de kilomètres pour les amener aux consommateurs contribue fortement aux émissions de GES. "L'achalandage par avion est 40 fois plus émetteur que le transport par bateau. Le transport routier est 4 fois plus émetteur que le transport ferroviaire et 6 fois plus que le transport fluvial. Faire ses courses en voiture est 3 fois plus polluant que de prendre les transports en communs", rappelle Mes courses pour la planète.  

A privilégier : Betterave, carotte, céleri, chou, chou de bruxelles, chou-fleur, courge, endive, épinard, fenouil, mâche, navet, oignon, panais, poireau, pomme de terre, salsifis, topinambour.

 

UN FRUIT importé hors saison par avion consomme pour son transport 10 à 20 fois plus de pétrole que le même fruit produit localement et acheté en saison : 1 kilo de fraises d’hiver peut nécessiter l’équivalent de 5 litres de gasoil pour arriver dans notre assiette !

A privilégier : châtaigne, coing, pomme, poire.

LES PRODUITS CONGELÉS sont très gourmands en énergie, en plus de celle nécessaire à leur fabrication. Car ils doivent évidemment être conditionnés dans des congélateurs jusqu’à leur consommation. Or les gaz nécessaires à fabriquer le froid (gaz frigorigènes) ont un pouvoir de réchauffement très important sur notre planète. 

LES PLATS PRÉPARÉS demandent également beaucoup d’énergie, notamment en usine, pour être fabriqués et conservés. Sans compter qu’ils sont souvent sur-emballés. Idem pour les produits transformés. "Un simple pot de yaourt peut parcourir plus de 9 000 Km si on prend en compte le trajet parcouru par chacune des matières premières (fraises, lait, levures, sucre, mais aussi pot, couvercle, étiquettes)", martèle le site. 

ET LE BIO ? Quid de l'agriculture biologique ? Si elle utilise des engins émetteurs de CO2, elle a l'avantage de ne pas se servir d'engrais azotés de synthèse ni de produits phytosanitaires, dont la fabrication est fortement émettrice en GES. 

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Pour la Saint-Sylvestre, le chef parisien François Pasteau, président de Bon pour le climat, sont même allés jusqu'à proposer une série de recettes simples avec des produits de saison sur le site de l'association. 

"Volaille du Gâtinais", "Rouleaux printaniers de lapin sauce mirin salade de pourpier", "Poêlée de noix de Saint-Jacques", "Poire rôtie à l’orange", "Tarte de légumes d’ici"... ces mets n'ont rien à envier aux traditionnels homards de la Nouvelle-Orléans et autres saumons élevés en Norvège, par exemple. 

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JT 20H - Deux idées pour un menu de réveillon à moins de 20 euros

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