1609 migrants évacués de la porte de La Chapelle à Paris

DirectLCI
EXIL - Les forces de l'ordre ont procédé mardi matin au démantèlement de campements de migrants dans le nord de Paris. 1609 personnes, principalement des Afghans et des Soudanais, ont été évacuées et prises en charge dans des centres d'Île-de-France pour étudier leur situation administrative.

Ils avaient installé leurs tentes entre les voies de circulation, à proximité du boulevard périphérique et de l’autoroute A1. Plusieurs centaines d'Afghans, d'Érythréens et de Soudanais vivaient depuis des semaines à porte de La Chapelle, dans le nord de Paris, dans des conditions sanitaires et de sécurité dégradées. Ces campements se situaient à quelques pas d’un centre de premier accueil pour migrants. Ce mardi matin, les forces de l’ordre ont entrepris le démantèlement des campements peu après 6 heures du matin. 


Dès 5h30, une foule d'hommes s'est massée sur le terre-plein où dormaient des migrants soudanais. "Le gouvernement va nous emmener dans des maisons. Je ne sais pas où mais c'est bien", explique Saïd, qui dit dormir dehors depuis un mois, à une confrère de l’AFP. "Certains, ça fait trois mois ou plus." La circulation automobile a été coupée sur le carrefour permettant d'accéder au boulevard périphérique et à l'autoroute A1 pour permettre l'évacuation des tentes installées entre les différentes voies d'accès à la capitale.

Une évacuation vers des centres en Ile-de-France

L'opération, dite de "mise à l'abri", a mobilisé 350 fonctionnaires de police ainsi qu'une centaine de personnels de la ville de Paris, d'Emmaüs Solidarités, de France Terre d'Asile ou encore de l'Office français d'immigration et d'intégration (Ofii), selon les préfectures.


"Ils vont tous être pris en charge dans des centres en Ile-de-France avec un examen de leur situation administrative dans les jours qui viennent et ils vont ensuite aller en CAO" (Centres d'accueil et d'orientation), a expliqué à l'AFP la ministre du Logement Emmanuelle Cosse. Au total, selon la préfecture d'Île de France, 1609 personnes ont été prises en charge, dont 75 vulnérables (femmes et mineurs isolés notamment). "On a voulu accélérer la procédure parce qu'il y avait des campements assez importants qui devenaient extrêmement dangereux autour de la porte de la Chapelle, a également plaidé Emmanuelle Cosse. Avec les élections on n'avait pas les forces de police disponibles et il fallait attendre que l'on ait les places suffisantes (en hébergement)."

"Chacune des personnes concernées se verra proposer une solution d'hébergement provisoire en Île-de-France et pourra bénéficier d'un diagnostic social et sanitaire", confirme la préfecture de police dans un communiqué. "Ces campements illicites, qui présentent des risques importants pour la sécurité et la santé de leurs occupants comme des riverains", justifie-t-elle. Des départs en bus ont été organisés.

Le centre humanitaire de la Chapelle saturé

Un campement installé à cet endroit avait déjà été évacué le 9 mars, alors qu'il comptait 200 personnes environ. Les migrants avaient alors été provisoirement installés dans la bulle servant de sas d'accès au centre d'accueil, mais dans un climat de tensions communautaires. Une bagarre au couteau avait éclaté, faisant deux blessés.   


Le centre humanitaire de La Chapelle, ouvert en novembre pour les exilés fraîchement arrivés à Paris, devait éviter la reconstitution de ces campements de rue insalubres qui gonflaient avant d'être évacués jusqu'à atteindre des proportions impressionnantes : début novembre 2016, près de 4.000 personnes avaient été prises en charge place Stalingrad. 


Selon Emmanuelle Cosse, le centre a permis d'héberger 10.000 personnes depuis son ouverture. Mais, disposant de 400 places, il est saturé et ne propose aux migrants qu’un accueil limité à dix jours. Il reste, d'un point de vue administratif, la première étape pour demander l'asile à Paris.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter