Un phare breton détruit à Paris pour loger des migrants ? Pas vraiment, non...

Un phare breton détruit à Paris pour loger des migrants ? Pas vraiment, non...

SOCIÉTÉ
FACTCHECKING – Le site "lagauchematuer" affirme que l’unique phare breton de la capitale a été détruit pour loger des migrants. Un raccourci induisant ses lecteurs en erreur, car parmi les 244 nouveaux logements, 199 seront dédiés aux étudiants et jeunes précaires. Explications.

Un phare breton qui disparaît, et c’est une nouvelle intox qui remonte à la surface. Un article du site Lagauchematuer, partagé près de 2700 fois sur Facebook, assure que "la mairie de Paris décide de démolir son phare breton pour construire des studios pour migrants !". Une affirmation déformée, ainsi que nous le démontrons dans le cadre du projet CrossCheck.


Construit il y a 25 ans à la demande du propriétaire de la poissonnerie du quartier, le long des voies de la gare Montparnasse, le phare de la rue Castagnary a bien été démonté récemment par la mairie de Paris. L’objectif, selon Le Parisien qui détaillait le chantier dès le mois de janvier : construire, en lieu et place de cette réplique du phare du Croisic, des studios et une résidence sociale.

"Des gens venant d'ailleurs"

Une explication du quotidien que s’est empressée de reprendre la patriosphère, sous-entendant que le futur lieu n’accueillera "pas des familles françaises, des handicapés, des femmes seules ou même des mineurs français en souffrance" mais "des migrants", "des gens venant d’ailleurs".  Vérification faite, qu’en est-il ? 


Pour le savoir, nous avons posé la question à Ian Brossat, chargé du logement à la mairie de Paris. Il confirme aux journalistes de CrossCheck que la résidence ne sera pas exclusivement réservée aux migrants : "C’est une résidence mixte" explique-t-il. "Ce sera une résidence sociale mais il y aura aussi des logements dédiés aux étudiants. En aucun cas il ne s’agit d’un centre pour réfugiés."

Des studios pour étudiants et jeunes précaires

Pour connaître l’attribution des logements plus en détails, nous avons par ailleurs pris contact avec Paris-Habitat, bailleur social de la capitale et maître d’œuvre de cette opération de construction. François-Marie Retourné, responsable communication, précise qu’au total, ce sont 244 studios qui vont être bâtis. Parmi eux, 101 seront des logements pour étudiants confiés au CROUS (Centre régional des œuvres universitaires et scolaires, ndlr), 98 seront des studios pour jeunes précaires gérés par l’agence d’insertion Adoma. Enfin, 45 studios verront le jour pour héberger des travailleurs migrants dont les foyers sont en cours de réhabilitation. 


L’agence Adoma explique ainsi qu"’il ne s’agit pas de migrants fraîchement arrivés mais de travailleurs migrants en situation régulière déjà logés par la mairie de Paris. Il s’agit souvent de personnes travaillant dans les secteurs du ménage, du ramassage des déchets, du tri sélectif". Pas grand chose à voir, donc, avec une résidence entièrement dédiée à l'accueil des personnes réfugiées. 

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