"Un problème de zone humide" : le curieux clip "sexiste" d'une asso de défense de la nature

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POLÉMIQUE – Un clip d’une association de défense de la nature établit un curieux parallèle entre "zones humides" et les problèmes de sexualité de la femme. Contactée par LCI, le collectif féministe Les Chiennes de garde dénonce une vidéo "inappropriée", une réaction que trouve "dommage" l'organisation.

La comparaison est pour le moins douteuse. Dans un clip vidéo pour la défense des zones humides, la Fédération Rhône-Alpes de Protection de la Nature (FRAPNA) a choisi de mettre en scène la consultation d’un jeune couple… chez la sexologue. "Avant dès qu’il me touchait, ça coulait de source, ça me faisait beaucoup d’effet. Et maintenant je suis devenue sèche, craquelée, je suis devenue complètement imperméable à tout ce qui vient de lui" commence par déplorer la jeune femme. 


Et son compagnon, à ses côtés, d’ajouter : "Finie sa petite fourrure verte, c’est devenu du béton, du bitume jusqu’à la dune. (…) Moi je trouve que tu te laisses un peu trop bétonner. Je les vois bien là, ils ont la pelleteuse baladeuse. On te bétonne déjà assez, moi je dis STOP, on ne touche pas à ta zone humide !"

"Un trait d'humour pour toucher un autre public"

Une métaphore filée qui n’est pas du goût des Chiennes de garde, collectif féministe qui a pris connaissance de cette vidéo de défense de la nature. Marie-Noelle Bas, présidente des Chiennes de garde, explique à LCI : "Ce clip est inapproprié et fait preuve d’un mélange des genres douteux. La femme est présentée comme un objet sexuel sans rapport avec le sujet. Et vous remarquerez que les problèmes sexuels viennent forcément de sa part. Sa sexualité est dévalorisée de manière violente : son compagnon lui dit qu’elle se fait ‘pelleter’. Nous sommes troublées par ce clip qui se bat pour une cause juste, mais dont l’association, en partie financée par l’argent public, légitime ici le sexisme ordinaire. Dans le même temps, on se souvient que le ministère des Droits des femmes a lancé la campagne 'sexisme pas notre genre'… On est pourtant en plein dedans."


De son côté, Céline Labracherie, directrice de la FRAPNA-région, contactée par LCI ce mardi matin, tient à préciser que le clip "a été réalisé par des équipes entièrement bénévole". Et se défend de tout sexisme : "Je trouve dommage la réaction des Chiennes de garde" souligne-t-elle. "Ce film a été conçu par deux filles et l’approche sexiste n’était absolument pas notre ligne de conduite. On a tissé une allégorie sur le sort réservé à la terre et souhaité apporter un trait d’humour afin de toucher un autre public que celui qui adhère déjà à nos messages. L’objectif reste évidemment de défendre les zones humides, fondamentales pour la vie." "En faveur de l’égalité", la directrice se dit "navrée à titre personnel" de la tournure des événements. 

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