Un rapport critique les premiers regroupements d'islamistes en prison

Un rapport critique les premiers regroupements d'islamistes en prison
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RADICALISATION - Un premier rapport sur les groupements d'islamistes en prison pointe les défauts de cette mesure gouvernementale. Selon la contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL), les structures ne sont pas adaptées au nombre de personnes condamnées pour des faits de terrorisme.

Un rapport sur la radicalisation en détention, rédigé par la contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL) Adeline Hazan, critique vivement les premiers regroupements d'islamistes en prison, jugeant "insatisfaisantes" les réponses apportées à "un phénomène sans précédent". Après un premier rapport, il y a un an, qui jugeait défavorablement le projet gouvernemental de regrouper des détenus islamistes dans cinq quartiers dédiés, la contrôleure a voulu passer au crible les premiers mois de cette expérimentation.

Trois contrôleurs se sont rendus ces derniers mois, entre février et mai, dans les quatre établissements concernés - Fresnes (Val-de-Marne), Lille-Annoeullin (Nord), Osny (Val-d'Oise) et Fleury-Mérogis (Essonne) - où ils ont rencontré la quasi-totalité des 64 détenus présents (117 places restent disponibles) et des personnes chargées de leur prise en charge et surveillance. 

Des mesures prises "dans l'urgence"

Profil des détenus, organisation des unités, sécurité, exercice du culte mais aussi mise en œuvre des programmes de déradicalisation, tout est détaillé dans le rapport de 57 pages transmis à la Chancellerie. "Le ministère de la Justice se trouve aujourd'hui confronté à un phénomène dont il n'avait mesuré ni la nature ni l'ampleur", écrit la CGLPL, évoquant des mesures prises "dans l'urgence".

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"La modicité des structures (...) ne paraît pas correspondre (...) au changement d'échelle", à la "hausse spectaculaire" du nombre des personnes impliquées dans des filières djihadistes syro-irakiennes et des informations judiciaires ouvertes pour des faits de terrorisme, constatent les auteurs du rapport. Fin avril 2016, on estimait qu'"un millier de personnes venues de France ont été enrôlées" dans ces filières et que "244 sont revenues sur le territoire national".

Selon elle, "certains magistrats continuent à s'inquiéter des effets pervers du regroupement qui permettrait de nouer des solidarités, de reconstituer des réseaux et laisserait toute latitude aux plus forts pour faire pression sur les plus vulnérables". Dans les unités, les détenus bénéficient tous d'un encellulement individuel. Mais, pour le reste, les conditions de détention s'avèrent "disparates", soulignent les auteurs du rapport, et "l'étanchéité entre les quartiers d'un même établissement apparait comme un vœu pieux".

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