Un rapport sénatorial dézingue la proposition de réduire la vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires

DirectLCI
POLÉMIQUE – Alors la vitesse sur toutes les routes secondaires doit baisser de 90km/h à 80km/h à partir du 1er juillet, un rapport du Sénat dénonce une mesure brutale prise sans concertation avec les élus locaux.

Ils dénoncent une mesure brutale et aveugle. Les trois sénateurs chargés d’évaluer – sans a priori assurent-ils – l’utilité et l’efficacité de la décision gouvernementale consistant à réduire de 90km/h à 80km/h la vitesse sur les routes secondaires, sont catégoriques : rien ne justifie pour l’heure une baisse généralisée de la vitesse sur ces routes. 


A leurs yeux, les expérimentations menées sur trois routes entre juillet 2015 et juin 2017 ne sont pas suffisantes pour apprécier la pertinence de cette mesure. Cette durée "limitée" ne permet pas "de disposer de résultats robustes en termes d’accidentalité", écrivent-ils dans un rapport, que LCI a pu consulter.

Si une baisse des accidents a tout de même été constatée au cours de cette période (11,4 accidents corporels en moyenne par an contre 9 durant l’expérimentation), "les nombres d’accidents considérés étant peu élevés, cette baisse n’est pas statistiquement significative", rapporte le groupe de travail, citant les conclusions de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR). Seul point positif, "la baisse des vitesses n’a pas été, dans cette expérimentation, un facteur d’engorgement de la circulation".

Vers une décentralisation de la décision ?

Les parlementaires jugent par ailleurs absurde la "clause de rendez-vous", fixé par le gouvernement au 1er juillet 2020, afin d’évaluer l’utilité de la mesure. "Une telle évaluation aurait dû avoir lieu avant la généralisation de cette mesure à l’ensemble du territoire, sur la base d’une véritable expérimentation", souligne le rapport.


Les trois sénateurs dénoncent enfin l’absence de concertation au niveau local. C’est pourquoi ils proposent "que cette décision soit décentralisée au niveau des départements, afin de l’adapter aux réalités des territoires, et qu’y soient associés les acteurs pertinents". Cela pourrait se faire via des "conférences départementales de la sécurité routière", co-présidées par les présidents de conseil départemental et les préfets de département. Leur rôle serait "d’identifier les routes ou les tronçons de route accidentogènes pour lesquels une réduction de la vitesse maximale autorisée à 80 km/h permettrait de réduire le nombre d’accidents de manière certaine", suggère le rapport.

Plus d'articles

Sur le même sujet

Lire et commenter