Un Rom de 16 ans entre la vie et la mort après avoir été lynché

Un Rom de 16 ans entre la vie et la mort après avoir été lynché
SOCIÉTÉ

FAIT DIVERS - Un adolescent rom se trouvait lundi entre la vie et la mort après avoir été roué de coups par une douzaine de personnes. Ces derniers le soupçonnaient d'un cambriolage à Pierrefitte-sur-Seine.

Selon une source proche de l'affaire, "une douzaine de personnes" auraient participé au lynchage. Un adolescent rom se trouvait lundi entre la vie et la mort après avoir été roué de coups. Selon les premiers éléments de l'enquête, elles le soupçonnaient d'avoir cambriolé un appartement dans une cité de Pierrefitte-sur-Seine, en Seine-Saint-Denis.

Le drame s'est déroulé vendredi. Le jeune  Rom , habitant dans un bidonville de la commune, a été retrouvé peu avant minuit, inconscient. Son corps gisait dans un chariot de supermarché abandonné sur la nationale 1, près de la Cité des Poètes. C'est la mère de l'adolescent qui a prévenu la police pour signaler l'enlèvement de son fils.

Le pronostic vital engagé

"Un groupe de plusieurs personnes est venu le chercher dans le campement et l'a emmené de force", a raconté une source policière. L'adolescent aurait alors été séquestré dans une cave, où ses agresseurs l'auraient violemment frappé. Grièvement blessé, le jeune de 16 ans a été transporté à l'hôpital Lariboisière à Paris, où il se trouvait toujours dans un état critique lundi soir. "Son pronostic vital est engagé. Il est dans le coma", a précisé une source judiciaire.

Interrogé par metronews, Saimir Mile, porte-parole de la Voix des Roms, une association qui défend les droits de cette communauté, souligne "les invraisemblances dans cette affaire". "Je ne peux pas imaginer qu'une douzaine de personnes enlèvent un jeune dans un camp, pour l'emmener dans une cave, sans qu'il n'y ait aucune réaction", commente Saimir Mile, qui dénonce "la multiplication des appels à la violence plus ou moins formels à l'encontre des Roms".

D'après le maire de Pierrefitte-sur-Seine, Michel Fourcade (PS), le jeune homme avait été interpellé à plusieurs reprises pour des faits de vol depuis le début du mois de juin. "Si ce jeune avait été interpellé pour vols, il ne pouvait pas se trouver en liberté", ajoute Saimir Mile, remettant en cause les affirmations du maire. Toujours d'après l'élu, il n'y a pas eu de tensions ce week-end dans la ville. La situation serait néanmoins tendue selon lui ces dernières semaines à la Cité des Poètes : plusieurs voitures ont eu leurs vitres cassées et ont été cambriolées, suscitant la rancoeur des habitants envers les tziganes du campement qu'ils accusaient d'être les auteurs de ces vols. La police judiciaire de Seine-Saint-Denis, chargée de l'enquête, n'avait encore interpellé personne lundi soir.

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