Une appli pour répartir équitablement les tâches domestiques dans votre couple

Une appli pour répartir équitablement les tâches domestiques dans votre couple

Société
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COUPLE - Les femmes sont de plus en plus actives et pourtant, elles se voient encore trop souvent attribuer la responsabilité des tâches domestiques et familiales. Maydée est une association voulant créer un débat social sur l’égalité dans la sphère privée, notamment grâce à un projet d’application mobile.

“Je fais tout ici !” “Tu n’avais qu’à me demander !” “Tu pourrais m’aider plus !” Ces reproches vous sont familiers ? Si les tâches ménagères sont source de disputes dans votre couple, sachez déjà que vous n’êtes pas seule. Seule et non pas seul, car au vu de la dernière étude Insee sur "la répartition du travail domestique" dans un foyer, les femmes assumaient encore 60% (en couple sans enfants) à 70% (en couple avec plusieurs enfants) des corvées en 2010. Pourtant, la même étude constate aussi que “depuis vingt-cinq ans, l'écart de situation entre les hommes et les femmes s'est réduit”. Malheureusement : "c’est pour l'essentiel du fait de la diminution du temps passé par les femmes aux tâches domestiques et non d'une augmentation du temps masculin.” Alors, comment changer les choses en 2018 ?


C’est une question à laquelle Julie Hebting essaye de répondre. Cette jeune maman s’est appuyée sur son expérience personnelle pour créer l’association Maydée, dans le but d’aider les gens "à s’affranchir des rôles genrés qui leurs sont encore aujourd’hui très souvent attribués, notamment dans la répartition des tâches domestiques". La prochaine étape ? Une application mobile. Son développement s’organise autour de cinq objectifs : compter, analyser, dialoguer, valoriser et répartir. 

Je crois aux vertus du diagnosticJulie Hebting, fondatrice de l'association Maydée

L’application est un outil de statistique et de suivi. Mais pas que. La première étape est d’enregistrer les tâches domestiques et familiales que vous effectuez, et de chronométrer le temps que vous y passez. La dénomination des tâches est intégrée dans l’application, en se calquant sur l’enquête “emploi du temps” de l’Insee. Si vous n’avez pas la possibilité d’avoir votre téléphone à la main toute la journée, vous pouvez aussi enregistrer vos "activités" a posteriori. Une habitude à prendre chacun de son côté, ou ensemble, puisque l’application permet d’envoyer une invitation à "partager ses données” pour travailler en binôme avec des analyses comparées. Julie Hebting, contactée par LCI, explique sa démarche : “Je crois aux vertus du diagnostic. Le but n’est pas de compter les secondes, mais simplement d’avoir un ordre de grandeur”.  

L'intérêt est de faire prendre conscience aux hommes, mais aussi aux femmes elles-mêmes, le temps qu’elles passent à s’occuper de la maison ou des enfants. Notamment car certaines tâches domestiques sont faites au quotidien par réflexe, par automatisme. L’application permet de mettre en lumière la pénibilité de ce travail gratuit et invisible. Pour Julie Hebting, “le but est aussi de valoriser les journées de ces personnes qui restent à la maison à temps plein”.


Par ailleurs, l'égalité dans la sphère privée est aussi déterminant pour influencer les mentalités dans le monde du travail. Si à temps de travail professionnel égal, l'implication dans les tâches domestiques et familiales est enfin égale pour les deux membres d’un couple,  les femmes arrêteront peut être d'être considérées comme les seules employés “à risque” à l’embauche.

Un outil pratique, qui ne résoudra rien sans dialogue

Pour autant, “nous ne sommes pas là pour juger” nous assure Julie Hebting. L’idée n’est surtout pas de culpabiliser. Travail à temps plein ou partiel, horaires décalés, aide à domicile, nounous... chaque famille s’organise différemment. Le but de l’application n’est pas nécessairement de répartir les tâches à 50-50, mais plutôt d’être un support tangible pour aider chaque couple à trouver son équilibre. Avec la possibilité de s’envoyer des messages d’encouragements, de donner un aspect presque ludique à ces efforts communs.

Julie Hebting insiste néanmoins sur le fait que l’application ne sera pas “une pilule magique, qui va solutionner tous les maux”. Mais simplement un outil, pouvant être à la base d’une prise de conscience, amenant ensuite à un dialogue constructif. Sans efforts communs, l’application ne résoudra rien. C’est pourquoi l’association Maydée prévoit également de produire du rédactionnel en parallèle de la sortie de l’application, pour créer un débat de société autour du sujet. Tuto Youtube, rencontres, table-rondes : “Nous allons nous déplacer, parce qu’il ne faut pas que cela reste un projet bobo-parisien, il faut aussi voir comment cela se passe ailleurs. On veut avoir un retour” explique Julie Hebting. L'objectif est en effet que l’application soit accessible à tous, tant au niveau de l’interface que des données mobiles nécessaires à son fonctionnement.


Le travail - fait bénévolement - par Julie Hebting et son équipe manque de financements pour se développer aussi rapidement qu’ils ne le voudraient. Malgré tout, Maydée espère sortir la première version de son application à la fin de l’année 2018. “Nous sommes très sollicités sur les réseaux, les gens l’attendent.” 

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