Une conductrice agressée sexuellement par un client : comment Uber protège-t-il ses chauffeuses ?

Une conductrice agressée sexuellement par un client : comment Uber protège-t-il ses chauffeuses ?

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FAIT DIVERS - Une conductrice Uber a été agressée sexuellement mercredi 11 juillet, à Villejuif, par un passager. Comment le géant des VTC protège-t-il ses chauffeuses, très minoritaires parmi les collaborateurs ? Nous avons posé la question à une responsable de la société.

Il est près de 3 heures du matin, mercredi 11 juillet à Villejuif (Val de Marne), lorsqu'une conductrice Uber demande à son client de quitter le véhicule. Selon nos informations, chauffeuse et passager viennent d'avoir un "différend" pendant la course en VTC. L'affaire aurait pu s'arrêter là. Mais le client devient soudain violent. 


Il donne des coups de poing à la conductrice, avant de lui arracher son chemisier et de l'agresser sexuellement, en lui touchant la poitrine, raconte une source policière à LCI. La victime, qui se débat, parvient à faire fuir l'agresseur, qui ne manque pas de lui voler son téléphone portable en partant. Endolorie au niveau des cervicales, la conductrice est finalement conduite à l'hôpital pour passer des examens. 

5% des chauffeurs sont des chauffeuses

Ce fait divers soulève des interrogations. Chez Uber, les femmes conductrices sont minoritaires : elles représentent au total seulement 5% de l'ensemble des chauffeurs. Pour autant, des mesures existent-elles pour les protéger d'éventuelles violences sexuelles de la part de passagers ? Si des faits d'agressions de chauffeurs envers des clientes ont largement été rapportés - on sait qu'en l'espace de trois ans, Uber a reçu 170 plaintes pour des agressions sexuelles - qu'en est-il lorsque la victime se trouve sur le siège conducteur ? 


Contacté par LCI, Uber France donne des éléments de réponse. “Les faits rapportés sont d’une terrible violence et de tels actes, s’ils sont confirmés, sont tout à fait inacceptables. Nous nous tenons dès maintenant à la disposition des autorités pour leur fournir toute information leur permettant d’avancer dans leur enquête.  La sécurité des passagers et des chauffeurs utilisant l’application est notre priorité absolue. Lorsqu’un incident nous est rapporté, notre équipe support dédiée suit une procédure se fondant sur le soutien des plaignants, leur accompagnement dans les démarches et le partage d’informations avec les autorités compétentes.”


Il n'existe pas en revanche de procédure interne propre aux affaires de violences sexuelles envers les conductrices. Mais l'entreprise de VTC d'indiquer : "Nous prenons les cas d'agressions sexuelles très au sérieux, en collaborant avec la police et en apportant notre soutien à la victime. Des incidents de divers ordre peuvent nous être remontés et concerner aussi bien les chauffeurs que les passagers. Nous y prêtons toujours la plus grande importance et traitons chaque cas."

Une collaboration avec la police

Elle détaille : "Que l'incident concerne un passager ou bien un conducteur, dans les deux cas, ils peuvent le signaler via l'application pour nous alerter et décrire ce qui s'est passé. À partir de là, notre équipe entre en contact avec les deux parties pour recueillir les informations. Si la victime n'est pas allée porter plainte, on lui explique les démarches. On lui conseille de communiquer aux policiers, pendant la déposition, une adresse mail sur laquelle nous sommes joignables : nous collaborons avec la police et pour que nous puissions divulguer des informations privées, il faut que les autorités nous en fassent la demande." 


Par ailleurs, ajoute-t-elle, "une équipe dédiée gère les réquisitions judiciaires pour aider au mieux la police. En cas d'incidents extrêmement graves, comme des viols ou des accidents fatals, une autre équipe intervient et peut prévenir pro-activement la police." Dans tous les cas, conclut la responsable, lorsqu'un chauffeur rapporte un incident, le compte du client est désactivé.

En France, au moins un conducteur VTC a été suspendu pour viol. En 2015, il a porté plainte contre Uber pour dénonciation calomnieuse. 


Concernant cette affaire survenue à Villejuif, le parquet de Créteil n'a pas indiqué si la victime avait porté plainte.

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