Maubeuge : une dizaine d’enfants roms privés d’école, SOS Racisme saisit le Défenseur des droits

Maubeuge : une dizaine d’enfants roms privés d’école, SOS Racisme saisit le Défenseur des droits
SOCIÉTÉ

DISCRIMINATION - A Maubeuge, une dizaine d'enfants roms n'ont pas pu faire leur rentrée scolaire en raison d'un refus de la municipalité de les accueillir en classe. Les associations montent au créneau pour dénoncer une stigmatisation tandis que le maire de la commune renvoie à un problème de domiciliation.

"C’est la rentrée… mais pas pour tout le monde ." A Maubeuge, dans le Nord,  une dizaine d’enfants roms n’ont pas pu faire leur rentrée des classes jeudi dernier après que le mairie a refusé leur inscription. Contacté par LCI, le maire UDI de la commune Arnaud Decagny confirme les faits. Il réfute en revanche toute stigmatisation des personnes roms, renvoyant à un problème de domiciliation. "Il n’y a pas de discrimination, il y a juste des personnes qui squattent des logements, s’agace-t-il. On ne sait pas où vivent ces populations. Les adresses données par les familles sont des squats qui seront bientôt détruits."

Dans ce cas de figure, le Centre communal d'action sociale (CCAS) de la commune peut fournir des domiciliations administratives aux populations "sans domicile stable, qui ont un lien suffisant avec la commune". Une demande refusée par le centre de Maubeuge dans ce cas précis.

Une décision injuste et illégale- Michèle Coursier, membre du collectif Roms de Sambre-Avesnois

Face à ce refus, les associations locales de défense des personnes roms sont montées au créneau. Michèle Coursier, membre du collectif Roms de Sambre-Avesnois, dénonce une stigmatisation des personnes roms et juge la décision d’Arnaud Decagny "injuste et illégale". "Elle prive les enfants d’avenir", assène-t-elle. Conscient d'être dans l'illégalité, puisque la scolarisation des enfants en France est obligatoire, le maire persiste et signe : "A un moment, il faut taper du poing sur la table et prendre ses responsabilités".

Prévenu par plusieurs collectifs, SOS Racisme s'est emparé du sujet et a saisi le Défenseur des droits mardi. "Les populations roms ne doivent pas être les victimes d’une politique de rejet menée depuis plusieurs années par les pouvoirs publics et conduisant à des discriminations systématiques", estime l'association dans son communiqué. Contacté par LCI, le Défenseur des droits confirme qu’une enquête est ouverte.

Une affaire similaire dans le département

Une histoire similaire s’était déjà produite en juillet dernier à Saint-André-lez-Lille. Là-bas aussi, la mairie avait refusé de scolariser un enfant rom. "La famille de l'enfant affirmait résider dans un squat à Saint-André mais leur domiciliation était à Lille", confirme-t-on au cabinet du maire. En outre, le propriétaire de ce squat avait réclamé son démantèlement. Il allait donc être prochainement détruit".

La famille, aidée d’une avocate, avait décidé de porter l’affaire devant la justice et de saisir le tribunal administratif. Ce dernier avait finalement autorisé la scolarisation de l’enfant à Saint-André-lez-Lille. Selon le cabinet du maire, ils ne se sont pas encore présentés en mairie.

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